Paris (France), 09/11/2021.- President of Benin Patrice Talon makes a statement with French President Emmanuel Macron (not pictured) following their meeting at the Elysee Palace in Paris, France, 09 November 2021. Both meet to sign an agreement on the return of 26 works of art to the former French colony, according to the French president's Elysee office. (Francia) EFE/EPA/YOAN VALAT (MaxPPP TagID: efespfourteen700595.jpg) [Photo via MaxPPP]
Un groupe de militaires béninois s’est proclamé dimanche matin à la télévision publique « Comité militaire pour la refondation » (CMR) et a annoncé avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon. Peu après, l’entourage du chef de l’État a immédiatement réagi en affirmant que ce dernier était en sécurité et que l’armée reprenait le contrôle des institutions.
Patrice Talon devait quitter le pouvoir en avril 2026, après deux mandats consécutifs, conformément à la Constitution béninoise. Son départ devait marquer la fin d’un mandat marqué par une croissance économique notable, mais aussi par une instabilité sécuritaire croissante dans le nord du pays, où les violences djihadistes persistent depuis plusieurs années. Cette région, comme d’autres pays de la sous-région ouest-africaine — notamment le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée — fait face à une recrudescence des tensions politiques et sociales.
Le Comité militaire pour la refondation a justifié son action en invoquant la nécessité d’une « refondation » du pays, avant que le signal de la télévision nationale ne soit coupé quelques heures plus tard. Une source proche de la présidence a immédiatement démenti la légitimité de cette tentative, qualifiant les putschistes de « groupuscule sans influence réelle » et confirmant que les forces régulières étaient pleinement mobilisées pour rétablir l’ordre.
Des échanges de tirs signalés près de la résidence présidentielle
Dans la matinée, l’ambassade de France au Bénin a relayé sur les réseaux sociaux des « coups de feu entendus à proximité de la résidence du président de la République » à Cotonou. Elle a rapidement appelé les ressortissants français à rester confinés chez eux par précaution. Une source militaire a par ailleurs précisé que « ni la résidence officielle ni la présidence n’avaient été investies » et que les opérations de rétablissement de l’ordre étaient en cours.
Cotonou partiellement paralysée, mais l’ordre global maintenu
Dès l’aube, plusieurs zones stratégiques de la capitale économique ont été bloquées par des militaires. Parmi elles, le Sofitel de Cotonou, un hôtel cinq étoiles abritant souvent des institutions internationales, ainsi que des quartiers administratifs. Malgré ces restrictions, l’aéroport international et la majorité de la ville fonctionnaient normalement, les habitants poursuivant leurs activités quotidiennes sans panique apparente.
Les autorités ont rapidement rassuré la population en soulignant que « la situation était sous contrôle » et que le nettoyage des derniers foyers de tension était en cours. Les forces de sécurité ont indiqué que « tout rentrerait dans l’ordre dans les plus brefs délais ».
Un climat politique tendu avant la fin du mandat de Talon
Le président Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, est à l’origine de réformes économiques souvent saluées, mais aussi de mesures controversées jugées « autoritaires » par ses détracteurs. Le principal parti d’opposition a été exclu de la course à l’élection présidentielle de 2026, laissant place à un affrontement entre le camp au pouvoir et un opposant qualifié de « modéré ».
Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte régional marqué par une multiplication des putschs depuis 2020, avec des crises similaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée-Bissau. Le Bénin, longtemps considéré comme une exception démocratique en Afrique de l’Ouest, voit ainsi son image de stabilité politique remise en question.