Boko Haram en pleine déroute après une offensive militaire concertée au lac Tchad
Les combattants de Boko Haram subissent une pression militaire sans précédent sur leurs bastions du lac Tchad, forçant des centaines de jihadistes et leurs familles à fuir vers des zones plus sûres. Une offensive coordonnée entre le Tchad, le Nigeria et le Niger, lancée ce week-end, a marqué un tournant dans la lutte contre le groupe terroriste.
Depuis vendredi, des frappes aériennes menées par l’armée tchadienne ciblent méthodiquement les positions de Boko Haram sur plusieurs îles isolées du lac Tchad, une zone marécageuse partagée entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Ces îles, devenues depuis 2009 des repaires stratégiques pour les jihadistes, abritent désormais à la fois les troupes de Boko Haram et celles de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).
Des victimes civiles dans les bombardements
Les opérations militaires ont malheureusement causé la mort de nombreux civils, notamment des pêcheurs nigérians travaillant sur ces îles sous contrôle jihadiste. Ces derniers étaient contraints de s’acquitter d’une dîme imposée par Boko Haram pour continuer leurs activités. Des vidéos, consultées par nos équipes, montrent l’ampleur des dégâts : plusieurs pêcheurs grièvement brûlés ont été transportés vers l’hôpital de Bosso, au Niger, pour y être soignés.
Suleiman Hassan, un pêcheur survivant, a témoigné : « Les membres de Boko Haram abandonnent leurs bases sur les îles de la région de Shuwa, située à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad. » Il a ajouté : « Sous la pression des bombardements, les combattants prennent la fuite avec leurs familles à bord de petites pirogues. » Il a notamment cité les îles de Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota comme zones d’évacuation.
Les affrontements directs entre soldats tchadiens et jihadistes se concentrent désormais sur l’île de Kaukeri, considérée comme le principal bastion de Boko Haram dans la région du lac Tchad.
Une réponse militaire aux attaques récentes
Ces opérations surviennent en réaction aux attaques meurtrières perpétrées par Boko Haram contre l’armée tchadienne ces dernières semaines. La semaine dernière, le Tchad a décrété trois jours de deuil national après une embuscade ayant coûté la vie à deux généraux tchadiens. Deux jours plus tôt, une attaque contre une base militaire située sur les rives du lac avait fait au moins 24 morts parmi les soldats tchadiens.
Une source proche des services de renseignement nigérians a révélé que le Nigeria et le Niger participent activement à cette offensive. « Les frappes aériennes sont pilotées conjointement par le Tchad, le Nigeria et le Niger, chacun déployant deux avions de chasse. » Cette collaboration marque un renforcement significatif des capacités militaires régionales face à la menace jihadiste.
Selon cette source, les fuyards de Boko Haram et leurs familles seraient désormais piégés sur les rives du lac Tchad, hésitant à avancer vers des zones contrôlées par l’Iswap, leur rival depuis leur scission en 2016.
Un conflit aux conséquences dramatiques
Depuis 2009, l’insurrection de Boko Haram a causé la mort de plusieurs milliers de personnes et provoqué le déplacement de millions d’habitants, principalement dans le nord-est du Nigeria. Les violences se sont étendues aux pays voisins (Niger, Tchad, Cameroun), poussant ces nations à réactiver leur force multinationale mixte, créée en 1994 pour lutter contre la menace terroriste.
Cette offensive conjointe pourrait marquer une étape décisive dans la lutte contre Boko Haram, bien que le groupe reste une menace persistante dans la région.