RDC : l’ONU sonne l’alarme face à une crise humanitaire sans précédent à l’est
Une commission d’enquête onusienne a révélé, lors d’une présentation à Genève, des faits d’une « gravité exceptionnelle » dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Les experts indépendants ont documenté des violences sexuelles massives, des exécutions sommaires, ainsi que le recrutement forcé d’enfants soldats, des pratiques qui alimentent une crise humanitaire déjà critique.

L’Est de la RDC, riche en ressources naturelles comme le coltan et l’or, reste depuis trois décennies un foyer de tensions récurrentes. Les affrontements entre l’armée nationale et les groupes armés, notamment le M23, se sont intensifiés ces derniers mois, plongeant les populations dans une insécurité chronique. Les enquêteurs de l’ONU ont collecté des témoignages accablants, décrivant des scènes de terreur où les civils, « privés de toute protection », subissent des exactions d’une violence inouïe.
Des crimes de guerre documentés sur le terrain
Lors de leur intervention devant le Conseil des droits de l’homme, les membres de la commission ont détaillé les atrocités commises : viols systématiques, esclavage sexuel, assassinats ciblés, et enrôlement forcé de mineurs. Le président de la commission, Arnauld Akodjenou, a qualifié ces actes de « profondément préoccupants », soulignant que les victimes, souvent des femmes et des enfants, n’ont aucun recours face à l’impunité généralisée. Les enquêteurs ont également recueilli des récits glaçants d’attaques contre des infrastructures essentielles, comme les écoles et les centres médicaux, privant les communautés d’accès aux services les plus basiques.
Une enquête en cours, mais des résultats déjà accablants
Créée par le Conseil des droits de l’homme, cette mission d’investigation œuvre dans des conditions extrêmes. Les experts, encore en phase préliminaire de leurs travaux, ont d’ores et déjà identifié des entraves majeures à leur mission : blocages humanitaires, intimidations envers les défenseurs des droits humains et menaces contre les journalistes couvrant les abus. Malgré ces obstacles, la commission insiste sur la nécessité d’une réponse internationale « immédiate et coordonnée » pour mettre fin à ces violations flagrantes du droit international.
Les autorités congolaises, ainsi que la communauté internationale, sont appelées à soutenir des enquêtes indépendantes et transparentes, tout en renforçant la protection des populations civiles. « Ces souffrances ne peuvent plus être ignorées », a déclaré Arnauld Akodjenou, exigeant une mobilisation urgente pour faire cesser ces crimes et rendre justice aux victimes.