30 juin 2026
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Ebola en RDC : le virus atteint le Haut-Uélé, une quatrième province touchée

République démocratique du Congo. Ebola gagne une nouvelle province, le nord-est du pays touché

Jusqu’ici, la maladie avait été signalée dans trois provinces de la RDC : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Vingt contaminations, dont deux mortelles, ont été enregistrées en Ouganda voisin.

Le Haut-Uélé devient ainsi le quatrième territoire provincial confronté au virus. Cette zone, limitrophe de l’Ituri, partage des frontières avec le Soudan du Sud et la République centrafricaine.

D’après une source à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), une personne contaminée a quitté l’Ituri pour se rendre dans le Haut-Uélé, y introduisant le virus. Une autorité sanitaire a confirmé le décès de ce patient.

Les équipes sanitaires s’efforcent de reconstituer la chaîne de contamination et d’identifier les contacts à risque. Dans plusieurs situations, le virus s’est propagé au cours de cérémonies funéraires. Le corps d’une personne décédée d’Ebola reste très contagieux.

Depuis plusieurs semaines, les humanitaires présents sur le terrain peinent, face à une méfiance répandue, à mettre en place des inhumations sécurisées dans les foyers infectés, afin d’éviter tout contact avec les dépouilles.

En RDC comme sur le continent, les rituels funéraires s’étendent fréquemment sur plusieurs jours. Les familles et les proches ont pour coutume de toucher le corps du défunt durant ces cérémonies.

Des zones également secouées par les violences armées

Ces dernières semaines, des incidents ont éclaté dans plusieurs structures de soins, provoqués par des habitants furieux exigeant la restitution des corps de leurs proches.

Le Haut-Uélé partage les mêmes attributs que l’Ituri : des terres situées à la croisée de plusieurs États et riches en or, ce qui en fait des carrefours d’échanges et de passages intenses, accélérant la dissémination du virus.

Ces zones subissent aussi les exactions de bandes armées. En Ituri, des tueries se répètent depuis une dizaine d’années, perpétrées par des milices locales ou par les ADF, liés à l’État islamique.

Les ADF ont récemment infiltré le Haut-Uélé, déjà perturbé par des actions de groupes armés issus des nations voisines. Ce climat d’insécurité, alors que l’épidémie d’Ebola s’aggrave, complique la mise en œuvre de la réponse sanitaire, démarrée tardivement. Experts et humanitaires estiment que les responsables de la santé ont mis du temps à identifier le virus.

D’après des investigations épidémiologiques encore à valider, les premiers morts suspects dateraient de janvier. En Ituri, les moyens ont été accrus récemment, mais les établissements de santé, déjà sous-équipés dans l’un des pays les plus démunis du globe, souffrent toujours d’un manque d’équipements essentiels comme les kits de protection et le chlore.

Les centres de soins contre Ebola, installés avec le concours de l’OMS et de diverses ONG, affichent un taux d’occupation dépassant 138 %, d’après l’Institut national de santé publique (INSP). À ce jour, 78 professionnels de santé ont été infectés, parmi lesquels 18 ont succombé.

Spécialistes et responsables sanitaires conviennent que, plus de six semaines après l’annonce officielle de l’épidémie, le pic n’est toujours pas atteint, et que la crise pourrait s’étendre de six mois à un an. Ebola, transmis par les liquides biologiques, a causé plus de 15 000 décès en Afrique en un demi-siècle.

La précédente flambée meurtrière en RDC avait entraîné environ 2 300 morts pour 3 500 cas recensés, entre 2018 et 2020.