3 juin 2026
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La vaccination au Burkina Faso : une protection inestimable pour chaque enfant

À Fada N’Gourma, dans l’aire sanitaire du Centre de santé et de Promotion sociale (CSPS) du secteur 9, des mères engagées veillent jalousement sur la santé de leurs enfants. Leur arme secrète ? La vaccination, un rempart infaillible contre des maladies comme la poliomyélite, une pathologie redoutable mais évitable. Nadège Thiombiano, mère d’une fillette de 13 mois nommée Mouzaratou, incarne cette détermination. Dès l’annonce d’une campagne de vaccination contre la poliomyélite, elle a préparé sa fille avec une hâte palpable. Pour elle, vacciner son enfant n’est pas une option, mais un engagement sacré. « Je connais les ravages de la polio. Tant que je serai en vie, aucun de mes enfants ne manquera une seule dose de vaccin », déclare-t-elle avec conviction.

Nadège se souvient des conséquences dévastatrices de la poliomyélite, une vision qui a ancré en elle la certitude que la vaccination est synonyme de vie. Grâce à cette prise de conscience, Mouzaratou a reçu tous les vaccins recommandés, y compris celui contre la poliomyélite.

Une campagne de vaccination record à Fada N’Gourma

Le 7 novembre 2025, les équipes du CSPS du secteur 09 se sont mobilisées dès l’aube pour une campagne de vaccination contre la poliomyélite, s’étendant jusqu’au 10 novembre. Leur mission ? Vacciner 5 290 enfants âgés de 0 à 59 mois. Résultat ? Un taux de couverture vaccinale de plus de 104 %, dépassant largement l’objectif initial de 5 060 enfants.

Pour André Yonli, infirmier-chef du CSPS, ce succès reflète l’implication sans faille des parents, des vaccinateurs et des mobilisateurs communautaires. « Cette performance est le fruit d’une étroite collaboration entre tous les acteurs du système de santé et d’une organisation méthodique », explique-t-il. Il souligne l’importance des réunions de plaidoyer et des actions de mobilisation sociale pour identifier et surmonter les obstacles. « Nos équipes mobiles ont pu accéder aux zones les plus reculées, y compris les quartiers informels et les camps de personnes déplacées, grâce à une logistique rigoureuse et un suivi continu. »

Le renforcement des compétences en gestion des données et en communication interpersonnelle a également joué un rôle clé. Des séances d’éducation sanitaire ont été organisées avec les leaders religieux, traditionnels et les associations locales, notamment celles des femmes, pour sensibiliser les familles.

Des témoignages qui inspirent

Talato Lompo, mère de quatre enfants, témoigne de l’impact positif de ces efforts. « Avant, les rumeurs me faisaient craindre que la vaccination rende mes enfants malades. Mais les explications des agents de santé m’ont ouvert les yeux. Depuis que mes enfants sont vaccinés, ils tombent rarement malades. C’est pourquoi je continue à les faire vacciner sans hésiter. »

Adjaratou Ouoba, agent de santé communautaire et volontaire nationale, se réjouit de cette dynamique. « Grâce à la sensibilisation et à l’implication des communautés, les mères comprennent désormais l’urgence de protéger leurs enfants contre la poliomyélite. Des parents comme Nadège agissent proactivement pour garantir la santé de leur progéniture. »

Un partenariat international au service de la santé

La Dre Sandrine Bienvenue Sam, Médecin-chef du district de Fada N’Gourma, salue le soutien indéfectible des partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L’OMS a apporté un appui logistique et technique essentiel : transport des vaccins, supervision des équipes et collecte des données. Plus de vingt experts, dont des épidémiologistes et des spécialistes en communication, ont été déployés sur le terrain pour assurer le bon déroulement des opérations. »

Ces efforts conjoints ont permis de vacciner plus de 134 000 enfants dans l’ensemble du district sanitaire, atteignant un taux de couverture de plus de 103 %. Ces chiffres témoignent de l’engagement du Burkina Faso à maintenir son statut de pays exempt de poliomyélite depuis 2015 et à prévenir toute résurgence.

Un avenir sain pour chaque enfant

Pour Nadège, ces statistiques ne sont pas de simples chiffres. Elles représentent des enfants en bonne santé, grandissant sans la menace de maladies évitables. « Un vaccin, c’est un geste simple, mais il offre une protection pour toute une vie », résume-t-elle en serrant sa fille dans ses bras. Les campagnes de vaccination se poursuivent, et chaque parent a un rôle crucial à jouer. En vaccinant leurs enfants, les familles contribuent à préserver les progrès accomplis et à bâtir un avenir où la poliomyélite ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Grâce à la mobilisation des communautés et au soutien des partenaires, chaque enfant peut être protégé et jouir d’une santé optimale.