13 mai 2026
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Au Tchad, la condamnation à huit ans de prison infligée à huit responsables de l’alliance d’opposition Gcap a déclenché une vague de protestations parmi les acteurs politiques du pays. Prononcée en mai 2026, cette décision judiciaire est perçue comme un symbole alarmant de l’affaiblissement des libertés fondamentales dans la nation.

Des figures majeures de l’opposition dénoncent une montée en puissance de l’autoritarisme, tandis que d’autres, résignés, y voient l’aboutissement logique d’une politique répressive déjà bien ancrée. L’atmosphère politique tchadienne se tend davantage, avec un pouvoir qui semble déterminé à museler toute voix dissidente.

Parmi les critiques les plus vives, Alifa Younous Mahamat, coordinateur en Europe du Parti socialiste sans frontière (PSF), dénonce l’absence de garanties judiciaires lors du procès. Pour lui, cette condamnation s’inscrit dans une stratégie globale visant à étouffer les mouvements contestataires. Il évoque également une série d’événements récents qui illustrent cette répression : l’emprisonnement de Succès Masra, la privation de nationalité de militants exilés, ou encore le décès de Yaya Dillo, leader du PSF, lors d’une intervention militaire en 2024. Son successeur, Robert Gam, a quant à lui fui le pays après des mois de détention arbitraire.

Alifa Younous Mahamat alerte sur l’instrumentalisation de la justice tchadienne à des fins politiques, transformée en machine de répression contre les partisans de l’alternance démocratique.

Une stratégie politique sous le feu des critiques

Albert Pahimi Padacké, président du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT) et ancien chef du gouvernement, partage cette analyse. Selon lui, le pouvoir en place, incarné par le Mouvement patriotique du salut (MPS), mène une offensive méthodique contre l’opposition depuis l’avènement de la cinquième République.

Ce dernier souligne que cette politique de concentration du pouvoir révèle une vulnérabilité croissante du régime, tout en instaurant un climat de terreur au sein des rangs adverses. L’ancien Premier ministre admet même craindre pour sa propre sécurité, évoquant des risques d’arrestations ou de poursuites arbitraires.

Les condamnations récentes, couplées aux arrestations et aux restrictions imposées aux formations politiques, alimentent les craintes d’un recul irréversible des libertés d’expression et de participation politique au Tchad. Pour les opposants, ces mesures ne sont que les prémices d’un contrôle accru du pouvoir sur la société civile.