27 juin 2026
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Un individu tient une pépite d'or dans sa paume

Les États-Unis ont récemment imposé des sanctions ciblées contre une importante raffinerie d’or située au Rwanda, ainsi que contre deux de ses dirigeants. Ces mesures interviennent suite à des accusations de contrebande de minéraux précieux, notamment de l’or, provenant des zones sous contrôle rebelle en République démocratique du Congo (RDC).

Washington a détaillé un « réseau » complexe qui, selon ses investigations, collaborerait activement avec le groupe rebelle M23. Ce dernier exerce son emprise sur des territoires stratégiques de la RDC, riches en gisements d’or et de coltan, un minerai indispensable à la fabrication de composants électroniques.

Malgré les preuves accablantes présentées par les experts des Nations unies, le Rwanda a toujours fermement rejeté les allégations de soutien au M23. Le gouvernement rwandais n’a pas encore commenté ces dernières sanctions américaines, ayant par le passé qualifié de telles initiatives d’injustes et de partiales.

Les sanctions, officialisées jeudi, visent spécifiquement la raffinerie d’or Gasabo, son président Jean Malic Kalima et son directeur général Bosco Kayobotsi.

Un communiqué des États-Unis a révélé qu’au moins 60 kilogrammes d’or, représentant une valeur de plusieurs millions de dollars, auraient été illégalement acheminés depuis l’est de la RDC vers Gasabo Gold au début de l’année 2026. Le document incrimine également des fonctionnaires et des militaires rwandais, accusés d’avoir orchestré ce système de contrebande.

Il est à noter que la raffinerie Gasabo Gold avait déjà été la cible de sanctions de l’Union européenne l’année précédente, pour avoir « tiré profit du conflit armé » en République démocratique du Congo.

Outre la raffinerie, trois autres sociétés minières sous le contrôle de M. Kalima – Bugambira Mines, Wolfram Mining and Processing, et Rwinkwavu Mining Corporation – ont également été placées sous sanctions par les États-Unis ce jeudi. Les entités concernées n’ont pas encore répondu aux sollicitations de commentaires.

Ces sanctions impliquent le gel de tous les actifs détenus par ces entités sous juridiction américaine. De plus, elles interdisent aux citoyens et aux entreprises américaines d’engager toute transaction ou relation commerciale avec les parties désignées.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré avec fermeté : « Les États-Unis ne toléreront pas que des groupes illégaux tirent profit du commerce illicite de minéraux pour déstabiliser la région. Les richesses minérales de la République démocratique du Congo appartiennent légitimement au peuple congolais. »

Cette série de mesures s’inscrit dans la continuité d’un accord de paix, initié par les États-Unis et signé en décembre dernier par les présidents du Rwanda et de la RDC. Cet accord vise à mettre un terme au conflit persistant dans l’est de la RDC et à établir un secteur minier transparent dans la région. Certains experts suggèrent que l’administration de Donald Trump espère également, à travers cet accord, stimuler les investissements américains dans les ressources minières de la zone.

Malgré la signature de cet accord de paix, les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC. Lors d’un sommet tenu mercredi pour évaluer l’impact de l’accord, des représentants de la RDC, du Rwanda et des États-Unis ont collectivement exprimé leur « grave inquiétude face à l’escalade des combats », selon un communiqué conjoint.