3 juin 2026
ebcdbc29-481c-45ac-a939-5d6ec8319a64

Le président du parti PASTEF-Les Patriotes et ancien Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a livré sa propre version des faits concernant les circonstances ayant conduit à sa révocation de la tête du gouvernement. Lors d’une allocution publique, il a détaillé les échanges qu’il affirme avoir eus avec le président Bassirou Diomaye Faye avant cette décision historique.

Un tournant après une intervention à l’Assemblée nationale

D’après Ousmane Sonko, les événements ont pris une tournure décisive le 25 mai. Il révèle avoir été convoqué par le chef de l’État juste après son passage remarqué à l’Assemblée nationale. Le président lui aurait alors signifié que la poursuite de leur collaboration devenait compromise, évoquant les tensions engendrées par certaines déclarations prononcées dans l’hémicycle.

L’ancien chef du gouvernement décrit leur dernière entrevue comme un échange de routine, avant d’évoquer sans détour la fin de leur collaboration au sommet de l’État. Une discussion qui, selon ses dires, s’est conclure sur une note calme mais déterminante.

Une séparation envisagée depuis les législatives

Ousmane Sonko affirme avoir lui-même évoqué à plusieurs reprises la possibilité de quitter ses fonctions après les élections législatives. Il explique avoir proposé au président deux options : soit un retour à son mandat de député pour permettre la nomination d’un nouveau Premier ministre, soit l’ouverture de discussions supplémentaires afin de dégager une solution politique acceptable par tous.

Pourtant, il souligne que cette hypothèse avait jusqu’alors été systématiquement écartée par Bassirou Diomaye Faye. Une position qui, selon lui, a progressivement creusé un fossé entre les deux hommes.

Des signes avant-coureurs d’une crise institutionnelle

Le leader de PASTEF-Les Patriotes soutient avoir perçu, depuis plusieurs semaines, des indices révélateurs d’une dégradation des relations au sommet de l’État. Il révèle avoir alerté à plusieurs reprises le président sur ces difficultés grandissantes, sans pour autant obtenir de réponse concrète.

D’après son témoignage, leur dernier entretien n’a pas permis d’aborder en profondeur les modalités de leur séparation. Pire, il affirme avoir catégoriquement refusé d’endosser la responsabilité d’une communication officielle présentant son départ comme un choix consenti et harmonieux.

Une révocation annoncée sans préavis

Ousmane Sonko raconte que, lors de leur dernière rencontre, le président lui avait indiqué qu’il reprendrait les discussions après une visite protocolaire prévue auprès de l’archevêque de Dakar pour les célébrations de la Pentecôte. Pourtant, dans la soirée même, il a reçu un message l’informant de la décision prise à son encontre.

Quelques instants plus tard, l’annonce officielle de son départ était rendue publique par le Secrétaire général de la Présidence. Un revirement soudain qui marque un tournant dans la vie politique sénégalaise.

Un nouveau chapitre politique s’ouvre

Avec son retour imminent à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko entame une nouvelle phase de sa carrière. Cette transition symbolise également un changement significatif dans les relations entre l’ancien Premier ministre et Bassirou Diomaye Faye, dont l’alliance avait permis l’alternance politique au Sénégal il y a quelques mois.

Ses déclarations apportent un éclairage inédit sur cette période de transition, alors que les observateurs politiques scrute avec attention l’évolution des rapports de force au cœur du pouvoir sénégalais.