18 juillet 2026
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Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement demandé au Conseil constitutionnel du Sénégal un avis sur la faisabilité d’organiser en même temps les élections législatives et locales prévues en 2027. Cette initiative, dévoilée récemment, s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par une rupture avec son ancien partenaire Ousmane Sonko et la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale dès la fin de l’année 2026.

Un calendrier électoral optimisé pour l’efficacité

L’idée de regrouper ces deux scrutins vise principalement à alléger les dépenses publiques et à simplifier l’organisation logistique, tout en évitant une succession de mobilisations électorales. Les élections locales doivent normalement se tenir avant janvier 2027, date limite du mandat des exécutifs locaux. En les fusionnant avec les législatives, l’exécutif espère réduire les coûts et limiter les tensions sociales liées à des consultations répétées.

Bien que l’avis du Conseil constitutionnel ne soit pas contraignant, il ouvre la voie à une décision stratégique majeure. Si l’institution donne son feu vert, Bassirou Diomaye Faye pourrait procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale et organiser un scrutin unique à double enjeu en 2027.

Une majorité perdue et une opposition qui s’organise

Le président Faye a perdu le soutien de sa majorité parlementaire le 22 mai 2026, après sa rupture avec le parti Pastef, dirigé par Ousmane Sonko. Ce dernier, ancien Premier ministre, a pris la tête de l’Assemblée nationale et incarne désormais une opposition structurée face à l’exécutif. Cette division a plongé le pays dans une crise institutionnelle profonde.

Le 29 juin, l’Assemblée nationale a adopté une réforme constitutionnelle visant à réduire les prérogatives présidentielles au profit du Parlement. Le président Faye a contesté ce texte devant le Conseil constitutionnel, qui l’a finalement invalidé. Cette décision a exacerbé les tensions entre les pouvoirs exécutif et législatif.

Un enjeu électoral et politique pour tous les acteurs

Le couplage des élections représenterait un défi électoral pour l’ensemble des forces politiques sénégalaises, notamment pour la coalition « Diomaye Président », qui cherche à s’imposer dans les collectivités locales. Par ailleurs, Bassirou Diomaye Faye a annoncé la création prochaine de son propre parti politique, marquant ainsi une volonté de s’affranchir de l’influence du Pastef.

Pour Ousmane Sonko et son parti, cette stratégie offre une occasion de renforcer leur ancrage local tout en contestant la légitimité parlementaire du président. Les enjeux sont donc multiples : électoraux, bien sûr, mais aussi institutionnels et stratégiques.

Un pays en pleine recomposition politique

Le Sénégal, souvent cité comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest, traverse une période de profondes transformations politiques. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024, avait incarné un renouvellement générationnel et une promesse de changement. Cependant, la rupture avec Ousmane Sonko, figure centrale de sa victoire, a fragilisé sa base parlementaire et compliqué la gouvernance du pays.

Cette situation rappelle d’autres périodes de crise institutionnelle vécues par le Sénégal, notamment les débats constitutionnels sous la présidence précédente. Aujourd’hui encore, le pays reste un acteur clé sur la scène régionale, et les observateurs internationaux suivent avec attention l’évolution de ses institutions démocratiques.

Prochaines échéances : un avis décisif dans les semaines à venir

Le Conseil constitutionnel devrait rendre son avis sous peu. Si la dissolution de l’Assemblée nationale intervient comme prévu fin novembre 2026, le double scrutin pourrait se tenir dès le début de l’année 2027, redessinant ainsi les équilibres politiques au Sénégal.