Un siège moderne pour renforcer la lutte contre la criminalité financière
Abidjan, Côte d’Ivoire – Ce mercredi 12 août 2026, Adama Coulibaly, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a officiellement inauguré le nouveau siège du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) à Abidjan. L’événement, marqué par la remise des clés des locaux, symbolise l’engagement renforcé des autorités ivoiriennes dans la lutte contre les flux financiers illicites.
« Nous offrons aujourd’hui un cadre opérationnel et moderne, entièrement dédié à la coopération et à l’échange d’expertises en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme », a déclaré le ministre. Il a souligné que cette initiative s’inscrit dans une volonté politique claire de soutenir les mécanismes régionaux de prévention et de répression des crimes financiers transnationaux.
Un accord historique pour une mission régionale
L’implantation du GIABA à Abidjan repose sur un accord de siège signé le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, lors du 44e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Cette décision fait suite à une résolution adoptée le 26 novembre 2010 par le Conseil des ministres de la CEDEAO, qui prévoyait la création de deux centres d’information dédiés à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Le premier, situé à Lagos, couvre les pays anglophones, tandis que le second, à Abidjan, dessert les États francophones et lusophones.
Des résultats concrets pour la Côte d’Ivoire
Adama Coulibaly s’est félicité des avancées réalisées par la Côte d’Ivoire, qui a su mettre en œuvre, avant l’échéance fixée par le GAFI, le plan d’action adopté en octobre 2024 pour renforcer son dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux. « Cet accomplissement illustre notre capacité à répondre aux exigences internationales et à protéger notre économie des menaces financières », a-t-il affirmé.
Edwin Harris Junior, Directeur général du GIABA, a salué l’engagement du Président Alassane Ouattara et du gouvernement ivoirien, qualifiant cette collaboration de « pilier essentiel pour le renforcement des mécanismes régionaux de prévention et de lutte contre la criminalité transnationale ». Il a également exprimé sa gratitude pour le soutien apporté à l’organisation, permettant ainsi d’ancrer davantage sa présence institutionnelle en Côte d’Ivoire.
Un outil stratégique pour les États membres
Le Général Idrissa Touré, président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), a mis en avant l’importance de ce nouveau siège. Selon lui, il constituera un vecteur de dynamisation des actions de sensibilisation, de formation et de coopération entre les États francophones et lusophones. « Ce Centre va impulser une nouvelle dynamique, axée sur la recherche, l’échange et l’action collective », a-t-il précisé.
Une mobilisation collective pour un objectif commun
La cérémonie d’inauguration a rassemblé des représentants de plusieurs ministères ivoiriens, dont ceux des Affaires étrangères, de la Justice, du Plan et du Développement. Des partenaires internationaux, comme l’ambassadrice du Liberia en Côte d’Ivoire, le PNUD et l’Unicef, étaient également présents, témoignant de l’importance accordée à cette initiative dans la région.
Ce projet, fruit d’une collaboration étroite entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, marque une étape décisive dans la lutte contre les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest. Il renforce les capacités des États à détecter, prévenir et réprimer les activités criminelles liées au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.