Migrants expulsés vers le Cameroun : une plainte déposée pour violation des droits
Trente-six migrants africains, renvoyés des États-Unis vers le Cameroun en 2026, ont lancé une action en justice à Yaoundé fin juillet. Ces personnes, originaires de la République démocratique du Congo, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, bénéficiaient auparavant de protections juridiques aux États-Unis les empêchant d’être expulsées vers leur pays d’origine.
À travers leur recours, ces migrants réclament une protection juridique au Cameroun et la suspension de l’accord migratoire conclu entre Washington et Yaoundé. Leur avocat, Maître Joseph Fru Awah, souligne que cette démarche vise également à empêcher leur éventuel renvoi vers leur pays d’origine.
Les arguments juridiques avancés par les plaignants
Maître Joseph Fru Awah explique les motivations derrière cette action en justice :
« Comme toute action intentée devant un tribunal, nous espérons obtenir gain de cause. Nous demandons au tribunal de suspendre l’échange de notes entre le Cameroun et les États-Unis. Par ailleurs, nous exigeons que le Cameroun clarifie le statut juridique de ces personnes. Enfin, nous sollicitons l’interdiction du renvoi de ces migrants vers leur pays d’origine. »
Une légalité contestée de l’accord migratoire
Interrogé sur les chances de succès de leur démarche, Maître Fru Awah met l’accent sur la légalité des accords bilatéraux :
« Je ne me prononce pas sur les aspects financiers ou politiques de cet accord. En tant qu’avocat, mon rôle est d’examiner sa légalité. Cet accord entre deux États souverains doit respecter les procédures légales nationales et internationales. C’est précisément ce que nous exigeons devant le tribunal. »
Des conditions de vie précaires au Cameroun
Les migrants, traumatisés et dans une situation psychologique fragile, subissent des conditions de vie alarmantes. Maître Fru Awah alerte sur leur état de santé :
« Ces personnes sont profondément marquées par leur expérience. Certaines ont été hospitalisées jusqu’à cinq fois en six mois. Leur situation est pitoyable et déplorable. C’est précisément pour cette raison que nous avons engagé cette procédure judiciaire. »