8 août 2026
da8ef95f-b2c5-4acc-850f-ad926cf6d056

L’Organisation des Nations unies vient de tirer la sonnette d’alarme concernant l’intensification de l’influence du groupe État islamique (Daech) en Afrique, particulièrement dans les zones du Sahel et autour du lac Tchad. Ces régions sont désormais considérées comme les principaux foyers d’expansion de cette organisation terroriste, malgré les efforts internationaux pour la contrer.

Ce constat alarmant a été présenté dans un rapport récent, soumis au Conseil de sécurité de l’ONU par le secrétaire général, Antonio Guterres. Ce document met en lumière la persistance d’une menace terroriste élevée dans plusieurs régions du continent africain, où Daech continue de gagner du terrain.

Le rapport, préparé par Oguljeren Niyazberdiyeva du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme (UNOCT), souligne que le Sahel et le bassin du lac Tchad sont les zones où Daech étend le plus activement son influence. Le groupe, issu de l’acronyme arabe Ad-Dawla al-Islamiya fil-Iraq wa-sh-Sham (État islamique en Irak et au Levant), a vu ses branches régionales acquérir une autonomie croissante et exploiter les faiblesses locales pour se renforcer.

Parmi les filiales de Daech, la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) se distingue comme la plus active au monde. Le rapport indique que cette branche poursuit son développement militaire, intégrant désormais des drones commerciaux pour améliorer ses capacités de surveillance et d’attaques.

En République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique, les groupes affiliés à Daech continuent également leurs offensives malgré les pressions exercées par les forces locales et régionales. Ces groupes maintiennent leur activité en recrutant de nouveaux combattants et en consolidant leurs réseaux sur le terrain.

Une transformation stratégique

Oguljeren Niyazberdiyeva a souligné que Daech a profondément modifié son mode de fonctionnement pour survivre aux campagnes militaires menées contre lui. Le groupe terroriste représente toujours une menace grave pour la paix et la sécurité internationales, malgré les efforts déployés à l’échelle mondiale.

Le rapport révèle que les opérations antiterroristes ont affaibli la direction centrale de Daech, réduisant sa capacité à organiser des attaques complexes à l’échelle internationale. Cependant, cette pression n’a pas fait disparaître la menace. Au contraire, le groupe s’est transformé en un réseau décentralisé de filiales régionales, unies par une idéologie commune et bénéficiant d’une autonomie opérationnelle accrue.

Cette évolution permet à Daech de s’adapter plus facilement aux contextes locaux et de poursuivre ses activités malgré les pertes subies. Les Nations unies expliquent que cette stratégie illustre la capacité du groupe à exploiter les fragilités institutionnelles, les conflits prolongés et les difficultés économiques pour étendre son implantation.

L’exploitation des nouvelles technologies

Le rapport met également en garde contre l’utilisation croissante des technologies modernes par Daech. L’ONU indique que le groupe exploite désormais l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, les communications chiffrées, les actifs virtuels et les drones sans pilote. Ces outils sont utilisés pour adapter ses méthodes de propagande, de recrutement, de financement et de planification.

Face à cette évolution, l’ONU insiste sur la nécessité de renforcer la coopération internationale et d’établir un dialogue plus étroit avec les entreprises technologiques et le secteur privé. Cela permettrait une meilleure gouvernance de ces outils émergents et une lutte plus efficace contre le terrorisme.

Cependant, le rapport précise que ces mêmes technologies peuvent devenir des instruments puissants de prévention et de lutte contre le terrorisme lorsqu’elles sont utilisées de manière responsable et dans le respect du droit international.