Sur près de 1,4 kilomètre, entre la pointe du Lycée national Léon-Mba et la sortie du canal de Gué-Gué, le front de mer de Libreville connaît une métamorphose sans précédent. Autrefois menacées par l’érosion côtière, les berges se parent désormais d’une structure solide en granit, tout en s’ouvrant à de nouveaux espaces de vie conçus pour allier durabilité et attractivité urbaine.
Un projet inscrit dans une vision ambitieuse
Porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce chantier symbolise une volonté claire : faire du littoral de la capitale un levier de croissance et de modernisation. « Ce projet dépasse le simple embellissement urbain, il s’agit d’une véritable refonte de la société gabonaise », explique un responsable du chantier. Deux objectifs majeurs guident cette transformation : protéger la côte contre les assauts du changement climatique tout en réintégrant la mer dans le quotidien des habitants.
Combattre l’érosion et offrir un havre de paix
Le premier enjeu est de contrer la progression inexorable de l’océan, qui grignote chaque année un peu plus le trait de côte. Le second est de créer un espace de respiration pour Libreville, une ville parfois étouffante. Les nouvelles infrastructures, pensées pour résister aux aléas climatiques, intègrent des zones de détente, des espaces verts et des parcours dédiés aux sportifs.
L’expertise locale au cœur du projet
Ce chantier d’envergure a été confié à une entreprise gabonaise, illustrant la volonté des autorités de s’appuyer sur les compétences nationales. En misant sur les entrepreneurs locaux, le gouvernement cherche à faire des acteurs gabonais les véritables moteurs du développement du pays.
Sur le terrain, des centaines de jeunes gabonais contribuent activement à cette transformation. Parmi eux, Paterne Maganga, conducteur de compacteur, partage son enthousiasme : « Après mes études, j’ai suivi deux formations en conduite d’engins, dont une au génie militaire. Aujourd’hui, j’ai obtenu mon permis G et je participe à la construction d’un Gabon plus fort. C’est un honneur pour moi. »
Pendy Mouelet, diplômée en génie civil et superviseur sur le chantier, ajoute : « Manager une équipe n’est pas toujours simple, mais nous relevons ce défi avec succès. »
Un espace de vie repensé pour les habitants
Au-delà de la protection du littoral, ce nouveau front de mer se veut avant tout un lieu de vie. Le projet prévoit des aires de jeux pour enfants, des bancs publics, une piste circulaire de 3 mètres de large pour les sportifs, et même 200 places de stationnement. « Nous créons un espace multifonctionnel où se mêlent loisirs, tourisme, activités économiques et valorisation du patrimoine naturel », précise Ulrich Ibouana, ingénieur génie civil et responsable du projet. « Nous formons également sur le tas des jeunes sans expérience professionnelle. »
Un chantier symbolique et ambitieux
Avec une durée totale estimée à 12 mois, ce projet doit livrer sa première phase d’ici mi-août, à temps pour les festivités de la fête de l’indépendance, célébrée le 17 août. Ce calendrier serré témoigne de l’urgence et de l’importance accordées à cette transformation.
Comme le souligne Alain-Claude Kouakoua, dirigeant de Mika Service : « Ce chantier incarne concrètement la volonté du chef de l’État de s’appuyer sur les entreprises gabonaises pour en faire les piliers du développement national. »
Le front de mer de Libreville renaît de ses cendres, porteur d’un espoir renouvelé. Une capitale plus résiliente, plus accueillante et tournée vers l’avenir se dessine, grâce à l’engagement de ses talents et à la confiance placée dans leurs compétences.