Une demande inattendue et ses répercussions politiques au Sénégal

Une requête inhabituelle et des tensions persistantes agitent l’actualité politique sénégalaise. Bassirou Diomaye Faye aurait proposé à Ousmane Sonko de présenter leur séparation comme un accord mutuel, une demande que ce dernier a catégoriquement rejetée. Les révélations de l’ancien Premier ministre éclairent d’un jour nouveau les circonstances de son limogeage.
Les dernières déclarations d’Ousmane Sonko, figure incontournable du paysage politique sénégalais, jettent une lumière crue sur les conditions de sa sortie du gouvernement. Dans un récit détaillé, il décrit les échanges tendus qui ont suivi l’annonce de son départ, marqué selon lui par une décision unilatérale.
Le chef de l’État lui aurait suggéré de qualifier leur rupture de « séparations d’un commun accord ». Une proposition que Ousmane Sonko affirme avoir refusée sans équivoque, soulignant l’absence de concertation préalable. « Il a pris sa décision seul, sans même m’en informer avant de l’annoncer publiquement », confie-t-il, insistant sur le manque de dialogue autour de cette décision.
L’ancien Premier ministre évoque également une tentative de temporisation, proposant un délai de 24 à 48 heures pour organiser la transition. Pourtant, ses propositions auraient été ignorées, les rouages de la séparation s’enclenchant immédiatement sans égard pour les modalités de communication politique.
Une rupture politiquement assumée mais contestée dans sa forme
Pour Ousmane Sonko, ce départ représente davantage une « libération » qu’un revers politique. Il affirme avoir quitté ses fonctions avec une sérénité déconcertante, respectant scrupuleusement une règle qu’il s’était fixée dès le début de sa collaboration avec le président : ne jamais être à l’origine d’une rupture. Son retour à domicile le jour même, suivi de jours de silence, illustre cette posture.
Les tensions ne se sont pas arrêtées là. L’ancien Premier ministre révèle avoir été informé des consultations engagées par la présidence auprès de certains ministres issus du parti Pastef pour la formation d’un nouveau gouvernement. Une démarche qu’il aurait vivement déconseillée, privilégiant les canaux officiels du parti pour tout échange. Cette position aurait exacerbé les divergences au sein de l’équipe dirigeante.
Plusieurs jours de blocage auraient suivi, avant qu’une initiative de médiation ne soit envisagée. Ousmane Sonko raconte avoir proposé une rencontre réunissant plusieurs responsables politiques influents, dont Birame Souleye Diop, El Malick Ndiaye, Alioune Sall et Daouda Ngom. Une tentative qui, selon ses dires, n’a jamais abouti.
Les discussions finales, toujours selon son témoignage, auraient finalement eu lieu avec le Premier ministre en exercice, Al Aminou Lo. Pourtant, aucun compromis n’aurait été trouvé sur les questions essentielles soulevées par l’ancien Premier ministre : transparence, responsabilité et gestion de la dette publique.