28 juin 2026
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capitaine Ibrahim Traoré Burkina Faso

Le Burkina Faso a officiellement mis fin à ses relations diplomatiques avec la France, une décision qualifiée d’«hostile et sans fondement» par Paris, qui étudie désormais des mesures de réciprocité et appelle ses ressortissants à une «vigilance renforcée».

Les tensions entre Ouagadougou et Paris viennent de franchir un nouveau seuil. Le vendredi 26 juin, le gouvernement burkinabè a annoncé la rupture de ses liens diplomatiques avec la France, accentuant encore la détérioration des rapports entre l’ancienne puissance coloniale et son ex-colonie.

Dans un message diffusé sur la télévision nationale, les autorités burkinabè ont justifié cette décision en dénonçant «un activisme incessant du régime en place en France contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent le pays et le Sahel».

Ouagadougou a précisé que cette mesure «vise exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux États au plan diplomatique» et «ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français». Le communiqué souligne également «son engagement à assurer la protection des ressortissants».

La France envisage des mesures de réciprocité

Paris a pris acte de cette «décision unilatérale» par la voix du ministère des Affaires étrangères, qui a exprimé des regrets face à une initiative jugée «hostile et sans fondement». Le porte-parole de la diplomatie française, Pascal Confavreux, a indiqué que des mesures de réciprocité étaient à l’étude.

«Les autorités françaises portent une attention particulière à la sécurité des personnels de l’État présents dans le pays et de la communauté française résidant au Burkina Faso. Dans ce contexte particulier, elles appellent les ressortissants français à une vigilance renforcée», a déclaré Confavreux.

Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré après le coup d’État de septembre 2022, les relations entre les deux pays n’ont cessé de se dégrader. Le Burkina a obtenu le départ des forces françaises, dénoncé les accords de coopération militaire et suspendu plusieurs médias français.

Membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Mali et du Niger, le Burkina Faso a parallèlement renforcé ses partenariats avec de nouveaux alliés, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran.