27 juin 2026
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rDC : l’ONU alerte sur l’urgence humanitaire et le déficit de financement à 46,7 %

Déplacés internes dans la région de Sake, près de Goma

La République démocratique du Congo fait face à une crise humanitaire d’une ampleur alarmante, particulièrement dans ses provinces de l’Est. Face à cette situation, James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

Selon ses déclarations, plus de 27 millions de Congolais, soit près d’un quart de la population, souffrent aujourd’hui d’insécurité alimentaire. Cette réalité s’accompagne d’un déficit budgétaire criant pour le Plan de réponse humanitaire 2026, actuellement financé à seulement 53,3 %. James Swan a souligné l’urgence de combler ce manque à gagner de 46,7 % pour éviter un effondrement des dispositifs d’assistance.

Le Plan de réponse humanitaire 2026, doté d’un budget de 1,4 milliard de dollars, vise à venir en aide à 7,3 millions de personnes les plus vulnérables. Pourtant, les partenaires internationaux peinent à mobiliser les fonds nécessaires, alors que les besoins ne cessent de croître. James Swan a rappelé que 2025 a déjà révélé les conséquences dramatiques du sous-financement : plus de 1 000 centres de nutrition ont dû fermer, privant 390 000 enfants de soins vitaux contre la malnutrition aiguë sévère.

Les répercussions de cette crise se font également sentir dans l’accès aux soins de santé primaires. 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux services médicaux essentiels, tandis que les ruptures de stock de médicaments et la réduction des capacités de prévention aggravent la situation sanitaire. Les distributions alimentaires ont été réduites de 73 %, exposant les populations les plus fragiles à un risque accru de famine.

Face à cette urgence humanitaire, James Swan a lancé un appel pressant aux bailleurs de fonds pour qu’ils débloquent les ressources manquantes. Sans un financement adéquat, les organisations humanitaires seront contraintes de réduire encore davantage leur assistance, mettant en péril la survie de millions de Congolais.

Une crise humanitaire en constante aggravation

Les combats persistants dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu exacerbent la situation. Malgré les efforts diplomatiques engagés pour instaurer un cessez-le-feu durable, les besoins humanitaires continuent de s’accroître. Les accords de paix, bien que signés, peinent à être appliqués, laissant les populations civiles dans une précarité extrême.

Le gouvernement congolais et les acteurs humanitaires avaient lancé, en janvier 2026, un appel à 1,4 milliard de dollars pour répondre aux besoins urgents. Sans cette enveloppe financière, le Plan de réponse humanitaire 2026 ne pourra couvrir que 7,3 millions de personnes sur les 15 millions estimées en situation de détresse. Une priorisation drastique qui risque de laisser des milliers de familles sans assistance.

Les conséquences dévastatrices du sous-financement

Les fermetures de centres de santé et de centres de nutrition illustrent l’impact direct du manque de fonds. En 2025, 390 000 enfants ont été privés de soins contre la malnutrition, tandis que les campagnes de vaccination ont été interrompues dans plusieurs zones. Les populations rurales, déjà isolées, subissent de plein fouet les conséquences de cette insuffisance de financement.

Les acteurs humanitaires sur le terrain alertent : sans un soutien accru, la crise ne pourra que s’aggraver. Les épidémies, comme celle d’Ebola, risquent de se propager, faute de moyens pour organiser des campagnes de prévention et de riposte. Les déplacés internes, estimés à plusieurs millions, vivent dans des conditions précaires, sans accès à une alimentation suffisante ni à des abris décents.