La Brigade Mobile du Contrôle Économique et de la Répression de la Fraude (BMCRF) au Burkina Faso adopte une posture résolue. Confrontée à une augmentation alarmante et injustifiée des tarifs du ciment sur le marché national, cette institution de régulation renforce ses actions pour la protection des consommateurs et l’assainissement du secteur.
Le domaine de la construction au Burkina Faso traverse une période de forte instabilité. Depuis plusieurs semaines, le coût du ciment enregistre une progression constante, impactant significativement le pouvoir d’achat des ménages et l’activité des professionnels du bâtiment. Face à cette conjoncture critique, la direction générale de la BMCRF a pris l’initiative de rompre le silence et de déployer des opérations de terrain d’envergure.
Une conjonction de facteurs conjoncturels et structurels
Pour appréhender l’origine de cette crise, il est essentiel d’analyser les mécanismes de la chaîne d’approvisionnement. Selon Sanibè Faho, coordonnateur général de la BMCRF, la situation actuelle ne procède pas d’une cause unique, mais résulte plutôt d’une interaction complexe de facteurs tant conjoncturels que structurels.
D’une part, le contexte économique mondial et régional impose des contraintes tangibles : fluctuations des coûts des matières premières importées (notamment le clinker), défis logistiques transfrontaliers et accroissement des dépenses énergétiques. D’autre part, des faiblesses structurelles internes persistent au sein du marché local de la distribution, rendant le système vulnérable aux moindres perturbations.
Cependant, bien que ces tensions macroéconomiques soient avérées, elles ne sauraient, à elles seules, justifier l’ampleur de la hausse constatée dans les points de vente au détail.
La spéculation dans le collimateur des autorités
Pour la BMCRF, le véritable moteur de cette surchauffe tarifaire réside ailleurs : dans les pratiques illicites de certains opérateurs du marché. L’institution désigne directement la spéculation effrénée, la rétention délibérée de stocks et l’augmentation illégale des marges bénéficiaires par des commerçants et distributeurs peu scrupuleux.
Exploitant la psychose d’une potentielle pénurie, certains réseaux organisés créent artificiellement la rareté afin de faire grimper les prix. Une situation jugée intolérable par l’autorité de contrôle, d’autant plus que les capacités de production des cimenteries locales demeurent stables et aptes à satisfaire la demande nationale.
« Les difficultés conjoncturelles ne doivent en aucun cas servir d’alibi pour rançonner les consommateurs », prévient-on en substance au sein de la Brigade.
Contrôles massifs et sanctions : la BMCRF passe à l’action
L’heure n’est plus aux simples avertissements. Sanibè Faho et ses équipes ont annoncé le déploiement immédiat d’une série d’offensives sur l’ensemble du territoire national. Les inspecteurs de la BMCRF, appuyés par les forces de sécurité, intensifient les descentes inopinées dans les entrepôts, chez les grossistes et dans les points de vente de matériaux de construction.
La feuille de route est explicite :
- Vérification systématique des factures d’achat et de vente afin de débusquer les marges abusives.
- Saisie immédiate des stocks dissimulés ou non déclarés (rétention de stock).
- Application rigoureuse des sanctions prévues par la loi, allant de fortes amendes pécuniaires à la fermeture définitive des établissements contrevenants, voire à des poursuites judiciaires pour les cas de récidive ou de fraude avérée.
Par cette contre-offensive, le gouvernement burkinabè, via la BMCRF, entend adresser un signal fort : la loi sera appliquée avec fermeté et la régulation des prix des produits de première nécessité ne fera l’objet d’aucune négociation. Dans les jours à venir, l’impact de ces contrôles rigoureux sera attentivement observé par les consommateurs, qui nourrissent l’espoir d’un retour rapide à la normale sur les chantiers du pays.