26 juin 2026
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La situation sécuritaire dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, s’est gravement détériorée. En l’espace de quarante-huit heures, entre mardi et mercredi 24 juin, nos observations révèlent qu’au moins dix personnes ont été enlevées, deux autres ont perdu la vie, et de nombreux biens ont été pillés dans cette région de l’est de la République Démocratique du Congo.

Les incidents recensés couvrent au moins six localités distinctes et incluent des enlèvements ciblés, des braquages audacieux sur les axes routiers majeurs, des incursions armées dans des habitations privées, ainsi que des affrontements violents entre divers groupes armés. Face à cette spirale de la violence, les organisations humanitaires présentes sur le terrain lancent un appel pressant aux autorités pour un rétablissement rapide de la sécurité dans cette zone critique.

Le mercredi matin, entre 9h00 et 10h00, pas moins de sept individus ont été victimes d’enlèvement sur les axes Kibirizi-Rwindi, spécifiquement au niveau de Butindiri, et Kibirizi-Kibingu. Parmi les personnes kidnappées figurent trois conducteurs de moto-taxi et leurs passagers. Les assaillants ont également dérobé une cargaison substantielle de dix-huit colis de poissons, transportés depuis Vitshumbi. L’identité des responsables de ces actes n’a pas encore été établie.

La veille, le mardi, trois autres personnes avaient déjà été portées disparues. Deux d’entre elles ont été enlevées lors d’une incursion armée dans une résidence du quartier Buzito, à Kiwanja, tandis que la troisième a été capturée dans le quartier Majengo, à Kibirizi.

Toujours le mardi, un camion de marchandises appartenant à des commerçants a été la cible d’une attaque sur l’axe Kanyabayonga-Rwindi. Des hommes armés ont ouvert le feu, forçant le chauffeur à immobiliser son véhicule avant de s’emparer de l’intégralité de sa cargaison. Heureusement, aucun blessé n’a été signalé durant cet assaut.

Le même jour, une tragédie a frappé le village de Kiseguro où une femme de 22 ans et son jeune enfant ont trouvé la mort. D’après les témoignages recueillis localement, ils auraient été atteints mortellement par des balles perdues lors d’intenses affrontements opposant les rebelles de l’AFC-M23 aux combattants des FDLR.

Parallèlement à ces événements, la Croix-Rouge de la RDC a annoncé avec consternation la mort de deux de ses volontaires. Ces derniers ont été tués le 16 juin dernier dans le territoire de Walungu, situé au Sud-Kivu. Les victimes étaient en mission de supervision de travaux essentiels d’adduction d’eau potable dans le village de Kakumba lorsqu’elles ont été brutalement attaquées.

Edgard Mateso, président national de la Croix-Rouge en RDC, a exprimé sa ferme condamnation de cette attaque barbare. Il a qualifié cet acte de grave violation des principes humanitaires internationaux et a souligné que ce drame tragique met en lumière les dangers persistants auxquels sont confrontés quotidiennement les travailleurs humanitaires dans l’est du pays.