Sous la direction de Maty El Hadj Moussa, président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), la capitale nigérienne a accueilli une rencontre régionale d’envergure. Cette conférence s’est focalisée sur les stratégies de préservation des droits fondamentaux dans un contexte marqué par l’instabilité au sein de la zone des trois frontières, englobant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
L’événement a réuni des personnalités de haut rang, notamment le Secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice, la directrice Afrique du DCAF, ainsi que l’ambassadeur d’Allemagne au Niger.
Des objectifs centrés sur la gouvernance et la prévention
Durant deux jours, les participants se sont penchés sur plusieurs axes prioritaires :
- La sensibilisation des acteurs aux meilleures méthodes de défense des droits de l’homme.
- Le renforcement des compétences techniques liées aux outils de prévention des abus.
- L’optimisation de la gouvernance et de l’État de droit via le soutien aux institutions de contrôle.
Un diagnostic alarmant sur l’insécurité régionale
Lors de son allocution, le président de la CNDH a souligné la gravité de la situation sécuritaire. Il a déploré les multiples atteintes aux libertés individuelles, perpétrées non seulement par des groupes armés non étatiques, mais parfois aussi lors d’opérations menées par les forces de défense et de sécurité. Maty El Hadj Moussa a décrit une réalité brutale où les populations civiles sont prises au piège d’un conflit asymétrique, vivant sous la menace constante de représailles en cas de dénonciation.
Face à cette crise persistante, il a appelé les défenseurs des droits humains à intensifier leurs réflexions pour proposer des solutions concrètes garantissant la paix et la stabilité aux citoyens du Sahel.
Une nécessaire synergie d’actions internationales
Moussa Sahirou Tchida, représentant le ministère de la Justice, a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre tous les intervenants. Il a salué l’appui stratégique des partenaires internationaux, notamment de l’Union Européenne, indispensable pour stabiliser cette région transfrontalière névralgique.
De son côté, Anne Benette, directrice Afrique du DCAF, a rappelé que les crises multiples — qu’elles soient politiques, sanitaires ou environnementales — fragilisent considérablement le tissu social. Selon elle, cet espace d’échange est crucial pour identifier les défis communs et harmoniser les réponses face aux menaces qui pèsent sur l’État de droit.
Enfin, l’ambassadeur d’Allemagne, Herman Nicolai, a partagé un constat inquiétant : le Sahel connaît actuellement l’une des progressions de violence les plus rapides du continent africain. Il a pointé du doigt l’impact dévastateur des groupes extrémistes et de la criminalité transnationale, responsables de milliers de victimes et de déplacements massifs de populations depuis plus d’une décennie.