3 juin 2026

Abidjan, le 3 juin 2026 – Les autorités ivoiriennes, par la voix d’Alassane Koné, conseiller technique auprès du ministre de la Communication et président du Conseil supérieur de la publicité (CSP), ont affirmé leur détermination à moderniser le secteur publicitaire. Cette ambition vise à transformer ce domaine en un véritable moteur de croissance économique pour la nation. C’est ce qu’il a déclaré lors de l’édition du 2 juin 2026 de la tribune « Tout savoir sur ».

Face à la transformation rapide engendrée par le numérique et aux défis croissants posés par la régulation des annonces en ligne, le président du CSP a insisté sur le fait que l’encadrement de la publicité numérique représente aujourd’hui un enjeu majeur pour son institution.

Il a identifié trois obstacles prépondérants : la vélocité avec laquelle les technologies numériques évoluent, la nature transfrontalière des plateformes digitales, et l’impératif de disposer de ressources humaines hautement qualifiées pour garantir une supervision efficace des contenus diffusés.

« Le monde digital progresse à un rythme nettement supérieur à celui des cadres réglementaires traditionnels », a expliqué le président du CSP, mettant également en lumière la complexité pour les instances nationales de réguler des plateformes dont les opérations s’étendent bien au-delà des frontières étatiques.

Pour faire face à ces problématiques, M. Koné a souligné que la Côte d’Ivoire a déjà franchi un cap important. Le pays a en effet adopté la loi n°2022-979 du 20 décembre 2022, établissant le régime juridique de la communication audiovisuelle.

Cette nouvelle législation soumet désormais les influenceurs ayant plus de 25 000 abonnés aux mêmes règles que la communication audiovisuelle classique, plaçant leurs activités sous la surveillance de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).

Le conseiller technique du ministre de la Communication a par ailleurs souligné l’importance de protéger les consommateurs contre les publicités mensongères ou trompeuses. À cet égard, il a rappelé que la législation ivoirienne exige des annonceurs qu’ils soumettent leurs campagnes à une validation préalable par la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP.

Le président du CSP a exprimé ses regrets face à la persistance de pratiques publicitaires non conformes. Il a averti que les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères, allant d’amendes représentant 3 à 5 % de leur chiffre d’affaires à des poursuites pénales pouvant entraîner des peines d’emprisonnement de deux mois.

Le marché publicitaire national, qui génère environ 30 milliards de francs CFA, représente encore moins de 1 % du Produit intérieur brut (PIB). Cette situation contraste avec celle de plusieurs pays voisins qui affichent des performances plus élevées, malgré des marchés parfois moins développés.