4 juin 2026
0c3123ea-2b5d-42b5-8554-531560afcf6c

Après des mois de silence, Dieudonné Minlama Mintogo brise sa réserve pour lancer un avertissement solennel aux nouvelles autorités gabonaises. Dans un entretien exclusif, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 met en garde contre une menace inédite : la confiscation du mandat démocratique de Brice Clotaire Oligui Nguema au profit d’intérêts partisans.

Pour Minlama, le véritable danger ne réside ni dans l’économie ni dans les institutions, mais dans une dérive politique qui risquerait de réduire une victoire électorale historique en simple outil de gouvernance exclusive.

Un suffrage populaire bien au-delà des clivages politiques

Avec plus de 94 % des voix lors de l’élection présidentielle d’avril 2025, le président gabonais incarne selon lui une légitimité exceptionnelle. Une légitimité qui, loin d’être l’apanage d’un parti, reflète un mouvement national né du 30 août 2023 et renforcé par le retour à l’ordre constitutionnel.

« Le piège à éviter serait de réduire ce mandat historique à une simple victoire électorale partisane », souligne-t-il. Une telle dérive menacerait l’équilibre fragile entre les différentes forces vives du pays, qu’elles soient politiques, civiles ou sociales.

Le spectre d’une gouvernance segmentée

Dieudonné Minlama craint que la transition actuelle ne s’enferme dans une logique d’exclusion, où seuls quelques acteurs bénéficieraient des fruits de ce mandat exceptionnel. Pourtant, c’est précisément la diversité des soutiens – transcendant les divisions traditionnelles – qui a fait la force du projet porté par Oligui Nguema.

L’enjeu des prochaines années consistera donc à préserver cette dynamique unificatrice. Une gouvernance réussie devra s’appuyer sur l’ensemble des talents nationaux, au-delà des affiliations politiques, pour bâtir une Ve République inclusive et pérenne.

Un héritage à sauvegarder : l’unité nationale

Au cœur du message de Minlama réside une conviction : la légitimité du président ne découle pas seulement de son score électoral, mais de sa capacité à incarner l’espoir collectif né des bouleversements récents.

Pour l’ancien opposant, les 94 % obtenus dans les urnes ne représentent pas un capital à exploiter, mais une responsabilité historique à honorer. Le défi ? Maintenir l’esprit du 30 août – ce jour où le Gabon a choisi de tourner la page ensemble – pour éviter que ce mandat ne devienne le symbole d’une République à deux vitesses.