
L’économie gabonaise, qui plafonne sous les 5 % de croissance depuis une décennie, s’apprête à opérer une rupture décisive. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté une feuille de route stratégique pour sortir le pays de la dépendance aux ressources naturelles.
Le 24 juin 2026, le chef de l’État a détaillé sa vision pour réveiller le potentiel économique du Gabon.
Rompre avec l’illusion de la rente
Pour le président, le diagnostic de la léthargie économique est clair : « Le Gabon a vécu sur un modèle rentier qui ne crée pas de croissance, encore moins inclusive. »
En dénonçant l’exportation brute de pétrole et de manganèse, il souligne un non-sens économique : « Exporter du brut, c’est exporter nos emplois. »
Les trois axes d’une nouvelle ère économique
Pour corriger cette trajectoire et bâtir une économie forte génératrice d’emplois locaux, le président articule sa stratégie autour de trois piliers :
- L’industrialisation systématique par la transformation locale des matières premières.
- La diversification de l’économie, avec un accent massif sur l’agriculture et les services.
- L’assainissement du climat des affaires pour attirer les investissements.
Le PNCD 2026-2030 : l’arme de la relance
Cette vision se concrétise à travers le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, un programme ambitieux visant à propulser le taux de croissance entre 6 % et 7 %.
Le PNCD cible des secteurs stratégiques : la transformation du manganèse, le développement des filières avicole et bovine, l’essor du numérique, ainsi que la valorisation de la richesse forestière sur les marchés carbone.
« Le Gabon a les ressources. Ce qui lui manquait, c’était la gouvernance. Nous l’avons rétablie », a affirmé Brice Clotaire Oligui Nguema.
En liant l’ambition économique au retour d’une gouvernance rigoureuse, le président entend replacer le Gabon parmi les nations les plus dynamiques du continent d’ici 2030.