À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a adressé un message fort à la nation le 29 juin 2026. Son discours a mis l’accent sur la nécessité d’une cohésion nationale solide, le respect inconditionnel des institutions républicaines et le rejet catégorique de toute forme de violence comme moyen d’expression politique.
Dans cette allocution prononcée juste avant les festivités de l’indépendance, le chef de l’État a réaffirmé son ouverture au dialogue, tout en précisant les lignes rouges à ne pas franchir. Il a été clair : le processus de dialogue ne doit en aucun cas être dénaturé pour servir d’outil de pression, contourner les institutions établies ou remettre en question la souveraineté du peuple congolais.
« La République reste ouverte à tous ses enfants, à condition qu’ils privilégient la paix, l’échange constructif, le respect des institutions et la loyauté envers la Nation. Cependant, le dialogue ne saurait être détourné de son essence. Il ne doit pas devenir un instrument de pression, une voie pour contourner les institutions ou une tentative de remettre en cause la volonté du peuple, telle qu’exprimée en conformité avec la Constitution et les lois de la République », a martelé Félix Tshisekedi.
Le président a également rappelé avec insistance que la souveraineté réside exclusivement entre les mains du peuple congolais, soulignant ainsi l’importance de l’éveil citoyen en Afrique et en RDC.
« Le peuple congolais est le seul souverain. Personne ne peut durablement s’exprimer au nom de la Nation contre la Nation elle-même. Nul ne peut prétendre défendre la démocratie tout en refusant ses principes fondamentaux : le débat libre, le respect des institutions, la séparation des pouvoirs, la souveraineté populaire et la responsabilité devant les citoyens africains », a-t-il poursuivi.
Face aux troubles et aux conflits qui secouent le pays, et dans un contexte marqué par des manifestations contre une possible révision constitutionnelle, Félix Tshisekedi a fermement condamné l’usage des armes et la violence. Selon lui, le recours aux armes ne confère aucun droit particulier à la négociation et ne place pas ceux qui menacent la République au-dessus de ceux qui respectent ses lois.
« À ce stade, je tiens à insister avec la plus grande fermeté : le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation ou à toute atteinte à notre souveraineté et à notre intégrité territoriale ne saurait constituer un mode d’expression politique légitime. Cela ne peut, en aucun cas, ouvrir un droit spécifique à la négociation, ni placer ceux qui mettent en péril la République au-dessus de ceux qui observent ses lois », a-t-il déclaré.
Le président de la République a ensuite lancé un appel vibrant à l’unité nationale, essentielle pour faire face aux défis existentiels du pays. Il a souligné que la mobilisation citoyenne est cruciale pour la stabilité.
« Nous avons le droit de débattre, de diverger et de nous opposer dans le cadre républicain. Mais nous n’avons pas le droit d’affaiblir la Nation au moment où elle est confrontée à des menaces existentielles. Face aux défis qui pèsent sur notre pays, l’unité nationale n’est pas une option : elle est une exigence historique, elle est un impératif absolu ! », a-t-il ajouté.
Par la même occasion, Félix Tshisekedi a exhorté l’ensemble des forces vives du pays – acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, responsables sociaux, religieux, économiques, médiatiques et associatifs, ainsi que la société civile – à faire preuve de hauteur, de retenue et de responsabilité pour préserver la stabilité nationale.
« J’appelle donc les acteurs politiques, de la majorité comme de l’opposition, les responsables sociaux, religieux, économiques, médiatiques et associatifs, ainsi que l’ensemble de la société civile, à faire preuve de hauteur, de retenue et de responsabilité », a recommandé le chef de l’État.
En République démocratique du Congo, les positions concernant le dialogue national restent profondément divisées. Le pouvoir en place prône un dialogue encadré par les institutions, excluant toute remise en cause de l’ordre constitutionnel et toute impunité. À l’opposé, une frange significative de l’opposition estime qu’un dialogue ne peut être crédible que sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont élaboré une feuille de route commune pour un dialogue inclusif. Ces confessions religieuses insistent sur l’inclusivité, tout en précisant qu’elle ne doit pas rimer avec impunité, et proposent des mécanismes de justice transitionnelle, appelant à une concertation rapide pour contrer l’enracinement des groupes armés dans les territoires occupés. D’autres voix de la société civile soutiennent également un dialogue, rappelant qu’il ne doit pas servir de « blanchisserie » pour masquer les responsabilités.
À ce jour, aucune convocation officielle pour un dialogue national n’a été émise. Parallèlement, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, se poursuivent sans avoir apporté d’amélioration notable à la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La médiation angolaise, quant à elle, est restée discrète ces derniers mois, sans communiquer publiquement sur la suite de ses démarches.