28 avril 2026
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Burkina Faso
Interventions urgentes

Disparitions forcées au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

©Balai citoyen

APPEL URGENT – OBSERVATOIRE

BFA 002 / 0525 / OBS 022
Enlèvement / Disparition forcée
Burkina Faso

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), lance un appel urgent concernant la situation critique au Burkina Faso.

Contexte de l’affaire :

L’Observatoire a été alerté de l’enlèvement et de la disparition forcée de deux figures majeures du mouvement citoyen « Balai citoyen » : Amadou Sawadogo, responsable régional à Ouagadougou, et Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif. Fondé le 25 août 2013, le Balai citoyen milite pour une société équitable au sein d’un État de droit démocratique.

Amadou Sawadogo a été convoqué le 20 mars 2025 au service régional de la sûreté à Ouagadougou après des critiques publiques sur Facebook. Interrogé, il a été contraint de révéler les domiciles de deux autres militants désormais en clandestinité. Le 21 mars, après une seconde convocation, il a disparu sans explication ni localisation.

Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé le 30 mars 2025 vers 11h45 devant son domicile à Ouagadougou, à son retour d’une formation à Cotonou (Bénin). Des hommes armés se faisant passer pour des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les demandes répétées des avocats, aucune information n’a été communiquée.

À ce jour, le sort et la localisation des deux militants restent inconnus. Leurs familles et collègues sont sans nouvelles.

L’Observatoire rappelle que d’autres membres du Balai citoyen ont subi des arrestations arbitraires, comme Me Guy Hervé Kam, cofondateur du mouvement, arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, puis détenu arbitrairement pour « complot ». Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo ont été enrôlés de force dans l’armée malgré une décision de justice suspendant leur réquisition.

L’Observatoire dénonce également la répression croissante contre les défenseurs des droits humains et journalistes au Burkina Faso. Plusieurs professionnels des médias, dont Guezouma Sanogo (président de l’AJB), Boukary Ouoba (vice-président), et Luc Pagbeguem (BF1), ont été enlevés le 24 mars 2025 et restent portés disparus. D’autres, comme Kalifara Sere, Serges Oulon ou Bayala Adama, ont subi le même sort en 2024.

L’Observatoire souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie de musellement de la société civile, aggravée par des décrets autorisant la réquisition forcée des citoyens. Le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées a exprimé ses préoccupations en mars 2024, qualifiant certaines mesures de « disparitions forcées ».

Demandes de l’Observatoire :

L’Observatoire exige des autorités militaires burkinabè :

  • La protection immédiate d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso ;
  • La révélation de leur localisation et leur libération sans condition ;
  • La fin des pratiques de disparition forcée et d’enrôlement forcé des militants ;
  • L’arrêt de tout harcèlement judiciaire contre les défenseurs et journalistes ;
  • Le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Destinataires des actions :

  • Capitaine Ibrahim Traore, Président de la Transition du Burkina Faso, Twitter : @CapitaineIb22
  • SEM. Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre du Burkina Faso, Twitter : @J_E_Ouedraogo
  • Me Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice, des Droits humains et des Relations avec les institutions, Garde des Sceaux, Email : [email protected]
  • SEM Jean Marie Karamoko Traore, Ministère des Affaires Étrangères, Email : [email protected] ; Twitter : @JeanMarieTraore
  • Commission Nationale des droits humains du Burkina Faso, Email : [email protected] ; Twitter : @BurkinaCndhX
  • S.E. Mme Sabine Bakyono Kanzie, Mission permanente du Burkina Faso auprès de l’ONU à Genève, Email : [email protected]
  • M. Oumarou Ganou, Conseiller des affaires étrangères, Représentant permanent du Burkina Faso auprès de l’ONU à New York, Email : [email protected]
  • Ambassade Mission Permanente du Burkina Faso auprès de l’Union Africaine à Addis-Abeba, Email : [email protected]

Nous vous invitons à écrire également aux représentations diplomatiques du Burkina Faso dans vos pays respectifs.

Merci de partager toute action entreprise en indiquant le code de cet appel : BFA 002 / 0525 / OBS 022.

L’Observatoire, partenariat FIDH-OMCT, protège les défenseurs des droits humains victimes de violations et leur apporte un soutien concret. Membre de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’UE pour les défenseurs des droits humains.

Contactez l’Observatoire :
· Email : [email protected]
· Tél. FIDH : +33 1 43 55 25 18
· Tél. OMCT : + 41 22 809 49 39