3 juin 2026
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Quelques éléments de l'armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad - Photo d'illustration

Face à une situation politique qui se détériore rapidement au Tchad, la conférence épiscopale a lancé un appel vibrant. Les prélats catholiques exhortent les autorités à instaurer un climat de confiance pour permettre la réconciliation, affirmant avec force que seul un dialogue sincère et ouvert à tous peut dénouer la crise actuelle.

Condamnation des violences récentes

Ce message intervient dans un contexte d’actualité africaine particulièrement sombre pour le pays, marqué par des conflits intercommunautaires sanglants à Dar Tama, dans le Wadi Fira, et dans le Guera. Les évêques déplorent également l’attaque contre la base militaire de Barka Toulorom, au Lac Tchad, qui a coûté la vie à 23 personnes, ainsi que la mort de 42 autres individus lors d’affrontements dans l’est du pays. Condamnant fermement ces actes, ils rappellent le caractère sacré de la vie humaine : « nul n’a le droit de l’ôter ». Pour les prélats, la violence ne résout rien ; au contraire, « elle ne fait qu’envenimer les tensions et creuser les divisions ».

Une cohésion sociale menacée

L’inquiétude des chefs de l’Église catholique tchadienne s’étend à la sphère politique, où une « vague d’arrestations d’opposants et de voix critiques » a été observée. Selon eux, ces actions compromettent les fondements démocratiques, la liberté d’expression et le respect des droits humains. Ils avertissent que de telles mesures ne font qu’exacerber les fractures sociales et nuire au « vivre-ensemble » si essentiel à la nation.

La diversité, une force pour le Tchad

Les évêques plaident pour le « respect du pluralisme culturel, politique et religieux », qu’ils considèrent comme un pilier de l’État de droit. Loin d’être un obstacle, la diversité est une richesse pour construire une unité nationale solide. Ils affirment que le mal, sous ses formes d’exclusion ou d’injustice, ne peut être combattu que par le bien, à savoir « le respect de nos diversités, le dialogue, la justice pour tous ».

L’urgence d’un dialogue constructif

La conviction des évêques est sans appel : un « dialogue sincère et inclusif » représente la « seule issue pour sortir de l’impasse actuelle ». Ils appellent à une mobilisation citoyenne de toutes les parties prenantes pour s’engager dans des discussions constructives basées sur la vérité et le respect mutuel. Ce dialogue est jugé « essentiel pour la réconciliation et la paix durable au Tchad ». Un appel est directement lancé aux autorités pour qu’elles fassent preuve de « sagesse et de retenue » afin de créer les conditions d’une véritable réconciliation, car « la paix est un bien précieux que nous devons préserver ensemble ».

Enfin, les prélats adressent leurs pensées aux familles endeuillées, aux blessés et à toutes les personnes affectées par ces tragédies. Ils présentent leurs « sincères condoléances » et invitent l’ensemble des citoyens africains du Tchad à faire preuve de « compassion et la solidarité en ces temps difficiles ».