25 juin 2026
29cc20a9-22cf-45e2-ac38-bc430be7b0d7

Deux ministres mauritaniens se sont rendus à Yaoundé en l’espace d’une semaine. Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a mandaté une seconde émissaire spéciale, Bessouda Mohamed Laghdaf, ministre de l’Environnement, pour remettre un pli fermé à Paul Biya au Palais de l’Unité le 24 juin. L’objectif : convaincre le Cameroun d’appuyer la candidature de Coumba Bâ au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Un pli fermé, une audience d’une demi-heure et un message clair

Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, a reçu l’envoyée mauritanienne en fin d’après-midi au nom de Paul Biya, alors absent de la capitale. L’entretien a duré environ trente minutes, et Bessouda Mohamed Laghdaf n’a pas caché le motif de sa visite.

« Nous apportons un message du président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, destiné à son frère, le président Paul Biya. Nous avons transmis ce pli fermé au secrétaire général de la présidence », a-t-elle indiqué aux journalistes à sa sortie du Palais de l’Unité.

Deux ministres en une semaine, un pli personnel pour Biya : la campagne est visiblement bien organisée. Le ministre des Affaires étrangères mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, avait ouvert la voie le 18 juin avec un premier message au chef de l’État.

La candidate soutenue par Nouakchott est Coumba Bâ, conseillère à la présidence mauritanienne. La ministre Bessouda a présenté le Cameroun comme un acteur clé pour « l’équilibre entre les différentes régions » que la Mauritanie entend incarner via cette candidature.

Un précédent à la BAD et une réciprocité assumée

Cette démarche mauritanienne s’inscrit dans une continuité. En 2025, le Cameroun avait soutenu la candidature de Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement, qui avait remporté l’élection. Nouakchott cherche à reproduire ce schéma pour l’OIF.

Difficile de ne pas y voir une logique de réciprocité clairement affichée. La ministre mauritanienne a d’ailleurs évoqué un « partenariat gagnant-gagnant » devant la presse.

Les consultations au sein de l’OIF, de l’Organisation de la Coopération islamique et de la Banque islamique de développement sont dans le viseur de Nouakchott. Le Cameroun est sollicité sur plusieurs fronts simultanément.

On ignore encore quelle réponse officielle Yaoundé apportera, ni à quelle échéance.