22 juillet 2026
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Un lanceur d’alerte centrafricain refusé à l’asile en France après avoir dénoncé Wagner

  • Le journaliste centrafricain Ephrem Yalike-Ngonzo, contraint de se cacher en France, attend la décision sur son recours après le refus de son asile.

Le journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo, qui a révélé les agissements du groupe Wagner en Centrafrique, se retrouve aujourd’hui sans statut en France. Malgré un laissez-passer obtenu grâce à l’intervention du président français, sa demande d’asile a été rejetée.

Le parcours d’Ephrem Yalike-Ngonzo illustre les dangers encourus par ceux qui osent défier les réseaux d’influence russe sur le continent africain. Ce professionnel des médias a payé un lourd tribut pour ses révélations : menacé de mort par le groupe paramilitaire Wagner, il a dû fuir son pays en 2024 après avoir été approché par des représentants du régime russe.

Entre 2019 et 2024, ce lanceur d’alerte avait collaboré avec plusieurs rédactions centrafricaines, percevant des sommes modiques en échange de la diffusion d’articles favorables aux forces locales et à leurs alliés étrangers. Ces contributions, bien que minimes, lui ont valu une position privilégiée pour observer les rouages de la propagande russe en Centrafrique.

Des révélations qui ont ébranlé le système Wagner

Ses témoignages, recueillis dans le cadre d’une enquête internationale en 2024, ont permis d’exposer les mécanismes de désinformation mis en place par Moscou via des acteurs locaux. Ces éléments ont contribué à l’adoption de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, figure clé de cette stratégie d’influence.

Pourtant, malgré l’importance de ses révélations, Ephrem Yalike-Ngonzo se voit aujourd’hui refuser l’asile en France. Un refus qualifié de « signal extrêmement négatif » par son avocat, qui souligne l’incohérence entre le soutien initial des autorités françaises et cette décision finale.

Une situation précaire pour le journaliste et sa famille

Depuis le rejet de sa demande, le journaliste et ses proches vivent dans la clandestinité en France, dans l’attente d’un recours déposé devant la Cour nationale du droit d’asile. La procédure pourrait s’étendre sur plus d’un an, prolongeant une incertitude angoissante pour ce père de famille.

Pendant ce temps, ses proches restés en Centrafrique subissent des pressions régulières. Interrogatoires, menaces et demandes insistantes de révélation de sa cachette : les représailles se multiplient contre son entourage, alimentant un climat de terreur autour de sa personne.