Un journaliste centrafricain en quête de protection après avoir dénoncé les agissements de Wagner
Le parcours d’Ephrem Yalike-Ngonzo, journaliste centrafricain, illustre les dangers encourus par ceux qui osent braver les réseaux d’influence étrangers. Après avoir révélé les mécanismes de la désinformation orchestrée par le groupe Wagner en Centrafrique, il se retrouve aujourd’hui dans une situation précaire en France, malgré l’intervention initiale du président Emmanuel Macron. Sa demande d’asile, pourtant soutenue par un laissez-passer, a été rejetée, plongeant sa famille et lui dans l’incertitude.
Un engagement dangereux pour la vérité
Ephrem Yalike-Ngonzo a payé un lourd tribut pour ses révélations. En 2024, il a contribué à une enquête internationale mettant en lumière les opérations de propagande russe en Afrique, orchestrées par des acteurs liés à Wagner. Ces investigations ont abouti à des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, une figure clé de cette stratégie d’influence.
Son combat n’est pas passé inaperçu. En 2019, il avait été approché pour publier des articles favorables à l’armée centrafricaine et à ses alliés russes, moyennant une rémunération dérisoire. Ces pressions financières et les menaces de mort qui ont suivi l’ont contraint à quitter son pays. Aujourd’hui, sa famille, restée en Centrafrique, subit des interrogatoires répétés, subissant la pression des autorités pour trahir sa cachette.
Une décision administrative aux conséquences lourdes
Malgré le soutien politique initial, la France a refusé d’accorder l’asile à Ephrem Yalike-Ngonzo. Une décision qualifiée de « signal extrêmement négatif » par son avocat, qui envoie un message dissuasif à tous ceux qui luttent contre les manipulations étrangères. Son recours, déposé le 9 juillet devant la Cour nationale du droit d’asile, pourrait prendre jusqu’à un an avant d’être tranché.
En attendant, le journaliste vit dans la clandestinité avec ses proches, dans l’attente d’une issue qui pourrait redéfinir son avenir et celui de sa famille. Une situation qui soulève des questions sur la protection des lanceurs d’alerte et leur sécurité dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.