24 juillet 2026
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Au Cameroun comme en République démocratique du Congo, les mécanismes de contrôle de l’exploitation de l’or laissent à désirer. Malgré des avancées, les revenus générés par cette filière ne sont pas pleinement reversés aux États concernés. C’est ce qu’indique un récent rapport de l’Institut d’études de sécurité (ISS), qui souligne l’insuffisance des efforts engagés pour encadrer ce secteur stratégique. Selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), 22 kilos d’or auraient été exportés par le Cameroun en 2023, contre 15 tonnes déclarées par les pays importateurs. Un écart qui interroge sur la traçabilité des flux financiers et la gestion des ressources naturelles.

Employé chinois sur un chantier minier à Betare Oya, Cameroun, le 4 avril 2018

Pour analyser cette situation alarmante, la professeure Aïcha Pemboura, chercheuse à l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale de l’ISS, apporte son éclairage. Elle met en lumière les défis majeurs liés à la régulation de l’exploitation aurifère, tant par les acteurs locaux qu’étrangers. Selon elle, les opérateurs du secteur doivent impérativement rendre des comptes pour garantir une gestion équitable et transparente des ressources. Les enjeux sont doubles : économique, avec la perte de revenus pour les États, et social, avec la nécessité de lutter contre les pratiques illégales qui gangrènent cette filière.

Des chiffres qui parlent : l’or, une ressource mal exploitée

Les chiffres révélés par l’ITIE et l’ISS révèlent une réalité préoccupante. En Cameroun, les déclarations officielles ne reflètent pas la production réelle. Les 22 kilos d’or exportés en 2023 contrastent avec les 15 tonnes revendiquées par les pays importateurs. Cette différence criante interroge sur la fiabilité des systèmes de contrôle et la possibilité de fraudes ou d’exportations non déclarées. En République démocratique du Congo, la situation est tout aussi critique, avec des pertes financières significatives pour l’État, privant ainsi les populations de ressources essentielles pour leur développement.

Les faiblesses du cadre réglementaire expliquent en grande partie ces dysfonctionnements. Malgré les efforts louables pour structurer le secteur, les mécanismes de surveillance restent insuffisants. Les opérateurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux, exploitent souvent des failles pour contourner les obligations légales. Résultat : une partie substantielle des revenus générés par l’extraction de l’or échappe aux caisses publiques.

Vers une gestion plus transparente de l’or ?

Face à ce constat, des voix s’élèvent pour exiger une réforme en profondeur du secteur. La professeure Pemboura plaide pour un renforcement des contrôles et une meilleure collaboration entre les États, les organisations internationales et la société civile. L’objectif est clair : mettre fin aux pratiques opaques et garantir que les richesses du sous-sol profitent aux citoyens. Des mesures concrètes pourraient inclure l’audit systématique des sites miniers, la publication des contrats d’exploitation et la mise en place de sanctions contre les fraudeurs.

L’exploitation de l’or au Cameroun et en République démocratique du Congo doit devenir un levier de développement, et non une source de préjudices économiques et sociaux. Les États concernés, soutenus par la communauté internationale, ont la responsabilité de transformer ce secteur en un modèle de transparence et de bonne gouvernance.