19 août 2026
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L’incarcération de deux réalisateurs et journalistes français au Togo, survenue mi-août 2026 et confirmée par un mandat de dépôt ce lundi 17 août, marque une nouvelle étape dans l’intensification des tensions sécuritaires et diplomatiques pour le gouvernement de Lomé.

Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër, interpellés dans le nord du pays alors qu’ils travaillaient sur un documentaire, ont été formellement inculpés. Leur placement sous mandat de dépôt transforme cette affaire, initialement présentée comme une simple infraction administrative, en une question aux résonances profondément politiques.

Le prétexte administratif du verrouillage sécuritaire

Pour justifier la détention de ces deux professionnels de l’audiovisuel, les autorités togolaises invoquent un manquement aux procédures d’accréditation requises et une violation des conditions de leur visa :

  • Une zone sous haute surveillance : Le nord du Togo, théâtre régulier d’incursions de groupes armés provenant de la région du Sahel, est placé sous un régime d’état d’urgence sécuritaire. Dans ce contexte, l’État exerce un contrôle rigoureux sur la diffusion d’informations et interdit toute forme de reportage non autorisé.
  • Le précédent Thomas Dietrich : Cette approche rappelle l’arrestation, suivie de l’expulsion rapide, du journaliste français Thomas Dietrich en avril 2024. Elle souligne la méfiance quasi-paranoïaque du pouvoir de Lomé envers la presse étrangère, souvent perçue comme un élément potentiellement déstabilisateur pour l’actualité africaine.

La monnaie d’échange Ferdinand Ayité ?

Au-delà de la stricte application des textes légaux, de nombreux observateurs et acteurs du journalisme africain indépendant perçoivent dans cette arrestation une manœuvre de pression stratégique exercée par Lomé à l’égard de Paris :

  • La traque des opposants en exil : Le régime du président Faure Gnassingbé semble vouloir utiliser la détention de ces deux citoyens français pour obtenir des concessions diplomatiques de la part de la France. L’objectif principal serait d’obtenir des avancées concernant le journaliste d’investigation togolais Ferdinand Ayité, réfugié en France et constamment ciblé par le pouvoir.
  • Une diplomatie des otages médiatiques : En maintenant ces réalisateurs derrière les barreaux, Lomé cherche à modifier l’équilibre des forces avec la France, quitte à ternir davantage son image sur la scène internationale, un enjeu crucial pour l’éveil citoyen Afrique.

La liberté de la presse étranglée au Togo

En ciblant désormais des journalistes internationaux, après avoir déjà muselé la presse indépendante locale, le régime de la Cinquième République confirme sa détermination à maîtriser le récit national. Tandis que les chancelleries s’activent en coulisses pour négocier la libération et le rapatriement des deux réalisateurs, cette affaire met en lumière les tactiques d’un pouvoir prêt à instrumentaliser la privation de liberté à des fins politiques. Cette situation soulève des questions importantes pour les citoyens africains et la mobilisation citoyenne en faveur de la liberté d’expression.