19 août 2026
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Un jalon important est posé pour la transparence politique au Sénégal. Le 17 août 2026, un nouveau texte législatif a été voté par 133 des 165 députés, renforçant une obligation déjà présente dans la Constitution depuis 2001.

Désormais, les trois plus hautes fonctions de l’État – le président de la République, le premier ministre et le président de l’Assemblée nationale – seront tenues de divulguer leur patrimoine. Cette déclaration devra être effectuée auprès du Conseil constitutionnel, non seulement au début de leur mandat, mais également à son terme, le tout dans un délai de trois mois.

Le Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale, a chaleureusement accueilli cette avancée.

« L’adoption d’une telle loi ne peut qu’accroître la transparence dans la gestion des affaires publiques, en parfaite adéquation avec les principes du Pastef d’Ousmane Sonko. Il est essentiel que les citoyens sénégalais puissent surveiller les biens de leurs dirigeants pour endiguer l’enrichissement illicite et le gaspillage des ressources étatiques », a affirmé Ansoumana Sambou, membre du Secrétariat national à la communication du Pastef, soulignant l’importance de l’éveil citoyen Afrique face à ces enjeux.

La réforme sur le patrimoine renvoyée au référendum (audio)

Une adoption parlementaire, puis un renvoi au peuple

Bien que le texte ait été massivement approuvé par l’Assemblée nationale, le parcours de cette initiative du Pastef est loin d’être achevé.

Le ministre de la Justice a fait savoir que « le président de la République a informé le président de l’Assemblée nationale de sa décision de soumettre cette proposition de révision au référendum pour approbation, conformément à l’article 4 de l’article 103 de la Constitution. »

Ainsi, la réforme sera soumise au vote populaire, une démarche que le ministre de la Justice, Moussa Sarr, justifie par la nécessité d’inscrire cette mesure dans une révision constitutionnelle plus globale, un sujet d’importance pour l’actualité africaine.

Sénégal, Mbour, 2024 | Rassemblement électoral de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Le coût financier et politique d’un référendum

L’analyste politique Moussa Diaw exprime son incompréhension face à ce choix de recourir au référendum.

« On s’interroge sur les raisons qui poussent le président de la République à soumettre cette loi à référendum, alors même qu’il en approuve le principe. Il est difficile de comprendre pourquoi engager des dépenses considérables pour un référendum, à un moment où le Sénégal fait face à d’importantes difficultés économiques », a-t-il déclaré, soulignant la préoccupation des citoyens africains.

Pour Ansoumana Sambou du Pastef, la population sénégalaise est majoritairement favorable à ce texte, rendant le référendum d’autant plus énigmatique.

« Ce sujet n’a jamais suscité de controverse. Au contraire, l’idée de déclarer son patrimoine à l’entrée et à la sortie de fonction, quel que soit le poste, est très bien perçue », a-t-il ajouté, faisant écho à une certaine mobilisation citoyenne en faveur de la transparence.

La réforme de la déclaration de patrimoine transcende désormais le simple cadre institutionnel pour devenir un nouveau terrain d’affrontement politique entre le Pastef d’Ousmane Sonko et la mouvance présidentielle de Bassirou Diomaye Faye.

Les débats s’annoncent houleux dès ce mercredi 19 août, avec l’examen du texte sur les crédits spéciaux, ces fonds souvent qualifiés d’« opaques » et gérés par la présidence et la primature.