30 juillet 2026
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Togo : la Cedéao face au bras de fer sur la réforme constitutionnelle

À Lomé, l’arrêt rendu par la Cour de justice de la Cedéao concernant la réforme constitutionnelle au Togo attise une polémique sans précédent. Alors que les autorités togolaises contestent la compétence de la juridiction régionale, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) lance une charge virulente contre ce qu’elle qualifie de « gangstérisme d’État ».

Le gouvernement togolais campe sur ses positions

Les responsables politiques togolais ont immédiatement réagi à l’arrêt de la Cedéao en invoquant l’incompétence de la Cour. Selon eux, cette instance ne dispose d’aucun pouvoir pour contrôler la constitutionnalité du droit interne ni pour juger les décisions d’un pouvoir constituant national. Une position qui, selon l’exécutif, prive l’arrêt de toute valeur juridique sur le plan local.

L’ASVITTO dénonce un « coup d’État constitutionnel »

L’ASVITTO ne partage pas cette analyse. Sur les réseaux sociaux, l’organisation a vivement réagi, qualifiant la réforme de 2024 de « coup d’État constitutionnel ». Dans un message cinglant, elle affirme que les responsables politiques togolais, plongés dans « leur angoisse », tentent désespérément de nier l’évidence.

« Ce qui est constant, c’est leur habitude de ne pas respecter les décisions de la Cedéao. »

L’association rappelle que Lomé a déjà été épinglée à plusieurs reprises pour son manque de considération envers les verdicts de la Cour régionale.

Un appel à la Cedéao pour faire appliquer la justice

L’ASVITTO interpelle directement la Cedéao, l’invitant à prendre des mesures fortes contre ce qu’elle qualifie de « pathologie togolaise ». Elle exige l’application immédiate de l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu en janvier, qui avait jugé la réforme constitutionnelle contraire à la Charte africaine des droits de l’homme.

Dans un communiqué sans équivoque, l’association martèle : « Il faut mettre fin à cette forme de gangstérisme d’État dans la sous-région. »

Le drame des détenus politiques en suspens

Entre un pouvoir qui refuse de plier et une société civile qui exige justice, la situation reste bloquée. Les détenus politiques, toujours incarcérés malgré les multiples appels à leur libération, paient le prix de cette impasse. Leur sort, loin des débats juridiques, rappelle cruellement l’urgence d’une issue concrète à ce conflit institutionnel.