3 juin 2026
Chad Haiti Force

FILE - Chadian President Mahamat Deby Itno participates in his inauguration ceremony in N'djamena, Chad, May 23, 2024. (AP Photo/Mouta Ali, File)

Le Tchad renforce la mission onusienne en Haïti avec 1 500 soldats

Dans le cadre d’une initiative internationale, le Tchad a annoncé l’envoi de 1 500 soldats en Haïti pour soutenir la force de sécurité déployée par les Nations unies. Cette mobilisation s’inscrit dans une mission cruciale visant à restaurer la stabilité face à la montée en puissance des gangs armés dans ce pays des Caraïbes.

Lors d’une communication officielle au Parlement, le président tchadien Mahamat Déby Itno a précisé que deux bataillons, composés chacun de 750 militaires, seraient acheminés dès ce mois-ci. Leur mission s’étendra sur une période d’un an, conformément à la demande formulée par l’ONU.

« Un premier contingent de 400 hommes a déjà été envoyé en Haïti », a souligné le chef de l’État tchadien. Cette contribution illustre l’engagement du Tchad en faveur de la sécurité internationale et renforce les capacités des forces de défense haïtiennes.

Une mission onusienne renforcée pour combattre les gangs en Haïti

En 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU avait approuvé l’extension de la force multinationale dirigée par le Kenya, appelée « Force de répression des gangs ». Cette dernière, composée initialement de 2 500 membres, a vu ses effectifs portés à 5 500 soldats et ses prérogatives élargies. Désormais, elle est autorisée à procéder à l’arrestation de membres présumés de gangs, une mesure inédite pour cette mission.

Malgré ces efforts, la mission précédente avait été ralentie par des manques criants de personnel et de financement. Aujourd’hui, la situation reste critique : les gangs armés contrôlent jusqu’à 90 % de la capitale, Port-au-Prince, ainsi que de vastes zones rurales. Leur emprise s’étend même au-delà des frontières urbaines, menaçant la stabilité du pays.

Violence des gangs : un bilan humain dramatique

Les agressions perpétrées par ces groupes criminels ont atteint un niveau alarmant. En 2021, l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse à son domicile avait marqué un tournant dans l’escalade de la violence. Les récents affrontements, notamment dans la ville de Petite-Rivière de l’Artibonite, ont fait au moins 30 morts et de nombreuses disparitions, selon les rapports des organisations de défense des droits humains.

Face à cette crise sécuritaire, le déploiement de troupes supplémentaires, comme celui du Tchad, apparaît comme une réponse nécessaire pour tenter de rétablir l’ordre et protéger les populations civiles en Haïti.