3 juin 2026
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Le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé par les autorités maliennes. Cette opération, qui s’inscrit dans une série de mesures sécuritaires, a également détruit un camp de déplacés internes, privant plus de 300 familles de leur unique abri. Parmi elles, des centaines de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, se retrouvent désormais sans logement ni assistance.

Mali | Situation humanitaire après la démolition du camp de Faladiè

des vies bouleversées par une décision controversée

Cette démolition intervient dans un contexte marqué par des attaques djihadistes ayant ciblé des infrastructures sensibles de Bamako en avril 2025. En réponse, les autorités maliennes avaient ordonné le déplacement de plusieurs marchés à bétail, suspectés d’abriter des combattants. Pourtant, le garbal de Faladiè, en plus de son rôle commercial, abritait un camp informel accueillant des familles venues du centre du Mali, fuyant les violences depuis 2020.

« Nous avons quitté notre village il y a six ans », témoigne Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass. Avec sa famille, elle avait trouvé refuge dans ce camp, pensant y être en sécurité. « Nous pensions être protégés ici », confie-t-elle. Aujourd’hui, plus de 2 000 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, se retrouvent sans abri, sans accès à l’eau ni à la nourriture.

une relocalisation en suspens

Officiellement, les déplacés devaient être redirigés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, où un site aménagé par l’État devait les accueillir. Cependant, ce projet est jugé « non fonctionnel » par de nombreux habitants. Dado et sa famille, comme des centaines d’autres, réclament une solution urgente : « Nous supplions les autorités de nous trouver un autre endroit où nous installer ».

Avant la démolition, les déplacés survivaient en ramassant des déchets pour les revendre aux éleveurs. Désormais, ils manquent de tout. « Le plus urgent est de trouver un toit. Sans logement, aucune stabilité n’est possible », explique un autre résident. Le camp de Faladiè, créé en 2019, bénéficiait jusqu’alors du soutien d’organisations humanitaires et des autorités locales. Aujourd’hui, la Direction nationale du développement social se dit « trop tôt » pour se prononcer sur la suite à donner.

un drame humanitaire qui s’aggrave

Cette situation illustre les défis humanitaires persistants au Mali, cinq ans après le coup d’État de 2020. Les déplacés internes, souvent issus de régions en proie aux conflits, se heurtent à une précarité croissante. Entre mesures sécuritaires et absence de solutions durables, leur avenir reste plus incertain que jamais.