14 juillet 2026
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Un avertissement solennel lancé depuis Touba

Lors d’un discours enflammé prononcé hier à Touba, à l’occasion de l’inauguration du siège du parti Pastef, Ousmane Sonko a adressé un avertissement sans ambiguïté au gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. L’ancien Premier ministre, désormais président de l’Assemblée nationale, a menacé de faire tomber l’exécutif si celui-ci ne préserve pas les intérêts stratégiques du Sénégal dans les contrats pétroliers.

Dans un discours en wolof, ponctué d’acclamations, il a dénoncé une politique économique qu’il juge contraire aux engagements initiaux du pouvoir actuel, notamment sur la gestion des ressources gazières et phosphatées. Pour lui, ces décisions s’apparentent à des « bradages » au profit de multinationales comme BP et Kosmos, rappelant les dérives de l’ère Macky Sall.

Une motion de censure comme arme politique

Ousmane Sonko, qui avait déjà critiqué Al Aminou Lo début juin, a franchi un cap hier en brandissant la menace d’une motion de censure. « S’ils ne respectent pas les intérêts du pays, nous renverserons ce gouvernement », a-t-il lancé, promettant de réitérer cette procédure autant que nécessaire pour protéger les ressources naturelles du Sénégal.

Cette déclaration intervient moins de deux mois après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son retour à l’Assemblée nationale, il semble déterminé à utiliser son nouveau rôle pour influencer les décisions stratégiques du pays.

Un projet de loi pour encadrer les contrats pétroliers

Pour renforcer son offensive, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi visant à soumettre tout futur contrat pétrolier ou gazier à l’approbation des députés. Selon ses termes, « aucun bloc ne pourra être attribué sans que l’Assemblée nationale ne l’examine et ne vérifie qu’il est conforme à l’intérêt national », s’inspirant du modèle norvégien de transparence.

Ce texte, porté par une députée de son parti, vise à instaurer un contrôle parlementaire systématique sur les attributions de blocs, une mesure qu’il présente comme une garantie contre les « contrats hérités » non conformes au code pétrolier. Rappelons qu’en tant que Premier ministre, il avait déjà engagé une renégociation de plusieurs blocs, saluant des « victoires majeures » dans ce domaine.

Cependant, il accuse aujourd’hui le nouveau gouvernement de vouloir freiner ces avancées, notamment en nommant de nouvelles têtes à la tête de Petrosen, la société nationale des pétroles.

Un combat de longue haleine pour la souveraineté énergétique

Cette offensive s’inscrit dans la continuité de la lutte menée par Ousmane Sonko pour la souveraineté économique du Sénégal. Depuis des mois, il dénonce les accords passés sous l’ère précédente, qu’il juge défavorables au pays. Son discours hier à Touba confirme sa volonté de transformer l’Assemblée nationale en un rempart contre ce qu’il considère comme des « trahisons » des engagements pris par le président Bassirou Diomaye Faye.

Alors que les débats sur la gestion des hydrocarbures s’intensifient, la menace d’une censure parlementaire pourrait bien redessiner les équilibres politiques au Sénégal dans les semaines à venir.