30 juillet 2026
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Le Premier ministre Ousmane Sonko a signé une circulaire visant à renforcer le suivi des entités placées sous la tutelle de l’État au Sénégal. Ce texte s’adresse à l’ensemble des membres du gouvernement et a pour objectif de clarifier les relations entre les ministères et les organismes qui leur sont rattachés, tels que les agences d’exécution, les sociétés nationales, les établissements publics et les structures assimilées. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes budgétaires et de gouvernance mises en place par l’exécutif issu des élections de 2024.

Des obligations de tutelle mieux définies pour les entités publiques

La circulaire rappelle un principe essentiel, souvent négligé dans la pratique administrative : chaque entité publique doit être placée sous la tutelle technique d’un ministère, chargé de superviser sa stratégie, ses performances et son alignement avec les politiques publiques. Elle souligne également l’importance de la tutelle financière, exercée par le ministère des Finances, qui veille aux équilibres budgétaires et aux autorisations d’engagement. Cette double tutelle, prévue par la loi sur le secteur parapublic, avait perdu en clarté au fil du temps, permettant à certaines agences de fonctionner avec une autonomie excessive.

Le document exige des ministres qu’ils reprennent le contrôle total de leurs entités rattachées. Parmi les mesures clés figurent la validation des plans stratégiques, l’examen des budgets prévisionnels, le suivi trimestriel de l’exécution des missions et le contrôle des recrutements ainsi que de la masse salariale. Ousmane Sonko insiste sur la nécessité de transmettre régulièrement des rapports d’activité et des tableaux de bord pour évaluer l’atteinte des objectifs fixés.

Réduction des dépenses et souveraineté administrative

Cette initiative intervient dans un contexte budgétaire contraint. Depuis la présentation de l’audit des finances publiques fin 2024, les autorités sénégalaises cherchent à maîtriser les dépenses jugées trop élevées dans le secteur parapublic. Les agences et sociétés à participation publique absorbent une part importante des transferts de l’État, sans toujours apporter une contribution mesurable aux politiques publiques. La circulaire ouvre la voie à une revue approfondie des structures existantes, qui pourraient faire l’objet de fusions, de réorganisations ou de suppressions.

La primature demande également aux ministres de s’assurer que les conseils d’administration des entités publiques se réunissent conformément aux fréquences prévues par leurs statuts et que leurs délibérations soient dûment documentées. Ce point est crucial, car plusieurs rapports de la Cour des comptes ont révélé, ces dernières années, des irrégularités dans le fonctionnement de certains organismes publics et une opacité dans les décisions engageant des montants considérables. En rappelant ces obligations, l’exécutif vise à réduire les zones d’ombre dans l’administration.

Un message politique fort aux administrations

Au-delà de son aspect technique, cette circulaire envoie un signal politique fort. Elle reflète la volonté du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko de marquer leur empreinte sur l’appareil d’État et de réaffirmer l’autorité du gouvernement central face à des entités parfois perçues comme des fiefs autonomes. Le Premier ministre exige que les nominations aux postes de direction s’accompagnent de lettres de mission détaillées, incluant des indicateurs de performance. Les manquements pourront entraîner des mesures correctives, voire la révocation des dirigeants concernés.

Cependant, l’efficacité de cette circulaire dépendra de la capacité des ministères à renforcer leurs propres cellules de suivi, souvent insuffisantes pour contrôler le grand nombre d’entités à superviser. Le secteur parapublic sénégalais compte plusieurs dizaines de structures aux statuts variés, dont la cartographie exhaustive n’est pas toujours partagée entre les administrations. La primature pourrait, dans un second temps, publier un référentiel commun et harmoniser les outils de reporting, une condition indispensable pour un pilotage plus strict.

En résumé, cette circulaire impose une nouvelle exigence de redevabilité entre l’État central et ses démembrements. Son application sera étroitement surveillée par les partenaires financiers du Sénégal, qui sont attentifs aux réformes de gouvernance engagées par Dakar.