Sénégal : Ousmane Sonko tempère les tensions politiques avec Bassirou Diomaye Faye

Alors que des interrogations persistent quant à la stabilité politique au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a cherché à rassurer l’opinion publique dimanche. Cette démarche intervient dans un contexte de divergence perçue avec le président Bassirou Diomaye Faye, suscitant des spéculations sur d’éventuels remous institutionnels.
La question d’une potentielle motion de censure agite les esprits. Bien que la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement ne soit pas une obligation légale, la tradition parlementaire sénégalaise veut qu’elle soit présentée, offrant au Premier ministre l’occasion de solliciter la confiance des députés. Ces derniers conservent également la prérogative de déposer une motion de censure de leur propre initiative, à condition de recueillir le soutien d’un dixième de leurs membres.
Malgré ces dynamiques parlementaires, Ousmane Sonko a tenu un discours apaisant. Il a affirmé avec force : « Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. Cette nouvelle configuration qu’il y a au Sénégal, il y en a eu partout, sans tambours ni trompettes. Le peuple sénégalais a choisi de confier l’exécutif à quelqu’un, même si nous savons tous grâce à qui, et le législatif à quelqu’un d’autre, ou à un autre groupe. Il y a certes un malentendu entre des personnes ou des courants politiques. Mais ni l’état du Sénégal, ni les institutions, ni sa sécurité, ni sa stabilité, ne sont engagés aujourd’hui »
Ce discours, empreint de sérénité, intervient néanmoins après la constatation d’un certain « divorce politique ». L’analyste Moussa Diaw estime qu’un affrontement direct serait contre-productif, particulièrement pour Ousmane Sonko, qui risquerait d’être perçu comme un obstacle. Il anticipe plutôt une collaboration respectueuse des prérogatives de chacun, évitant ainsi un bras de fer préjudiciable à l’image des deux figures politiques et à l’actualité africaine du Sénégal.
Cependant, des points de friction subsistent et pourraient générer de futures tensions. Parmi eux figurent les négociations avec le FMI concernant la dette nationale, ainsi que l’avancement des dossiers judiciaires liés aux décès survenus lors des manifestations politiques récentes. En interne, le parti Pastef devra trancher sur le sort des ministres dissidents et sur le rôle de Bassirou Diomaye Faye, qui conserve sa présidence d’honneur. Enfin, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement indiqué son opposition à tout report des élections locales prévues en janvier 2027, un scrutin qui s’annonce comme une nouvelle épreuve de force pour le Pastef, d’autant qu’aucun décret fixant la date n’a encore été publié.