27 mai 2026
86f5fc86-1fcc-4ba2-b936-f4eb95fdf921

Sénégal : l’ascension d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale bouleverse le paysage politique

Ousmane Sonko lors de son discours après son élection à la présidence de l'Assemblée nationale

Dès mardi, Ousmane Sonko, fraîchement élu à la présidence de l’Assemblée nationale, a affiché un discours rassurant. « Un limogeage n’est pas une marque de déshonneur », a-t-il déclaré, s’appuyant sur une « légitimité populaire » indéniable. En moins de quatre jours, l’ex-Premier ministre a su transformer cette nouvelle fonction en une tribune politique stratégique.

Dans une allocution mesurée, il a promis de ne pas « bloquer » les institutions, écartant toute idée de « vengeance personnelle » ou de « chaos institutionnel ». Son objectif affiché ? Exercer un « contrôle rigoureux » de l’action gouvernementale et mobiliser « tous les outils de contre-pouvoir » disponibles en cas de désaccord avec l’exécutif.

Une cohabitation aux enjeux inédits

Pour le politologue Ellimane Haby Kane, directeur du think tank Legs Africa, cette cohabitation s’annonce « inédite ». Si Ousmane Sonko affiche des intentions constructives, son objectif réel serait, selon l’expert, de « maîtriser l’exécutif ». Une analyse confirmée par les premières tensions autour de la formation du nouveau gouvernement.

Dès le soir de son élection, le Pastef a réagi via un communiqué. Le parti a révélé avoir été consulté par la présidence sur la composition du futur gouvernement, avant d’imposer des conditions strictes pour sa participation. Une stratégie qui laisse présager des négociations serrées dans les semaines à venir.