7 août 2026
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Politique

Sénégal et Guinée-Bissau : une médiation sous haute tension avant le référendum

Une délégation ministérielle sénégalaise a rencontré le général Horta Ntam pour lancer les négociations avant le référendum constitutionnel de fin août.

Le Sénégal a pris les devants en matière de diplomatie régionale. Dans le cadre d’une mission confiée par ses partenaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Dakar a dépêché une délégation de haut niveau à Bissau pour engager des discussions stratégiques avec les autorités de transition. L’objectif affiché ? Structurer un cadre de négociations visant à rétablir l’ordre constitutionnel et préparer le terrain pour un retour progressif à la normalité démocratique.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité directe des décisions prises lors du dernier sommet de la CEDEAO, qui s’est tenu en juillet à Freetown. À l’issue de cette rencontre, la Communauté avait officiellement confié au Sénégal le rôle de facilitateurs dans le dossier bissau-guinéen. Une responsabilité que Dakar assume avec détermination, comme en témoigne la composition de sa délégation : Cheikh Niang, ministre des Affaires étrangères, et Yankoba Diémé, son homologue de la Défense, ont mené les pourparlers aux côtés du général Horta Ntam, président de la transition en Guinée-Bissau.

Lors de cet échange, Cheikh Niang a exposé les grandes lignes du plan de médiation ouest-africain, conçu pour accompagner la restauration de l’État de droit et la tenue d’élections libres. Les discussions ont permis de poser les jalons d’une feuille de route en plusieurs étapes, échelonnées jusqu’à la tenue des futurs scrutins. Les deux parties se sont également engagées à maintenir un dialogue constant afin d’accélérer le lancement officiel des négociations dans les semaines à venir.

La situation politique en Guinée-Bissau reste profondément instable depuis le coup d’État militaire du 26 novembre 2025, qui a précipité la chute du président Umaro Sissoco Embalo et suspendu l’ensemble des processus électoraux en cours. Face à cette impasse, la junte au pouvoir a choisi de relancer le calendrier institutionnel par une initiative majeure : l’organisation d’un référendum constitutionnel prévu pour le 30 août 2026. Cette consultation populaire, destinée à réviser les fondements juridiques du pays, marque une étape décisive dans la chronologie des réformes et cristallise l’attention de la communauté internationale.