3 juin 2026
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renforcer la santé au Mali grâce à la science : le point de vue de la Dre Bintou Dembélé

Bamako – À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2026, placée sous le thème « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en lumière des acteurs clés qui œuvrent pour une santé publique fondée sur des preuves scientifiques en Afrique.

Médecin et spécialiste en santé publique, la Dre Bintou Dembélé consacre son expertise à la lutte contre les maladies infectieuses et au renforcement des systèmes de santé au Mali et en Afrique de l’Ouest. Convaincue que la science doit servir les populations, elle plaide pour une utilisation optimale des connaissances scientifiques afin de prévenir les crises sanitaires, d’améliorer les soins et de créer un pont de confiance entre chercheurs, décideurs et citoyens. À l’occasion de cette journée, elle partage sa vision d’une science ancrée dans le quotidien, collaborative et accessible à tous.

Pourquoi la science est-elle indispensable pour préserver la santé des populations ?

La science représente aujourd’hui un pilier incontournable dans la protection de la santé. Elle permet non seulement de concevoir des traitements innovants, des vaccins et des médicaments pour combattre les maladies, qu’elles soient récurrentes ou émergentes, mais aussi de poser les bases d’une prévention efficace.

En décryptant les mécanismes de transmission et d’apparition des maladies, elle offre des clés pour anticiper les risques et éviter l’émergence de crises sanitaires majeures. De plus, elle enrichit les outils de diagnostic, les équipements médicaux et l’organisation des services de santé, ce qui se traduit par une meilleure prise en charge des patients et une augmentation des chances de guérison.

Comment les partenariats scientifiques transforment-ils la santé au Mali et en Afrique de l’Ouest ?

Les partenariats en recherche scientifique constituent un levier puissant pour mutualiser savoirs, compétences et ressources. En Afrique de l’Ouest, où les défis sanitaires sont souvent similaires, ces collaborations représentent une opportunité majeure.

Elles permettent de cibler efficacement les maladies endémiques et non transmissibles, tout en renforçant la santé maternelle et infantile grâce à des solutions adaptées pour réduire la mortalité des mères et des nouveau-nés. Au-delà du secteur médical, ces initiatives contribuent au développement socio-économique du continent, car des populations en bonne santé sont plus à même de participer activement à la vie collective et économique.

L’approche « Une seule santé » : un atout pour anticiper les crises sanitaires

Le concept de « Une seule santé » repose sur une vision holistique : la santé humaine, animale et environnementale sont indissociables. En intégrant ces dimensions, les communautés peuvent mieux identifier et prévenir les risques sanitaires avant qu’ils ne deviennent critiques.

Cette approche favorise une surveillance locale renforcée et encourage le dialogue entre scientifiques et citoyens. Elle valorise également les savoirs traditionnels et promeut une recherche participative, où les communautés deviennent des actrices à part entière de leur propre bien-être.

Comment accélérer le passage des découvertes scientifiques aux actions concrètes ?

Les données issues de la recherche constituent un trésor collectif. Pour qu’elles aient un impact réel, elles doivent être analysées, diffusées et exploitées rapidement via des mécanismes dédiés. En intégrant ces données dans les politiques publiques, les actions de santé deviennent plus ciblées, les ressources mieux utilisées et les réponses aux besoins des populations plus efficaces.

Favoriser la confiance des populations envers la science

La confiance se construit par la clarté et l’accessibilité. Pour gagner l’adhésion des citoyens, il est essentiel de rendre les informations scientifiques compréhensibles, transparentes et adaptées aux contextes locaux.

En diffusant les connaissances par des canaux proches des populations et en encourageant le dialogue, la science se transforme en un outil partagé. Cela crée un mouvement de mobilisation collective où chacun comprend l’importance de soutenir la recherche pour un avenir plus sain.