22 juin 2026
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En déplacement à Bunia, au cœur de la province de l’Ituri, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur la nécessité d’une évaluation impartiale des mesures prises par les autorités pour contrer l’épidémie d’Ebola. Cette crise sanitaire, qui touche actuellement l’Ituri ainsi que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, mobilise d’importants moyens publics dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Lors d’une intervention conjointe avec son collègue de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, le porte-parole du gouvernement a répondu aux critiques émises par certaines organisations non gouvernementales actives sur le terrain. Tout en affirmant que l’exécutif reste à l’écoute des remarques constructives, il a souligné que les efforts déployés méritent d’être salués. Pour lui, la transparence est de mise, et le gouvernement refuse de céder au catastrophisme malgré les défis réels.

Un financement public conséquent

Patrick Muyaya a précisé que l’État congolais a pris l’initiative de mobiliser ses propres ressources avant même l’intervention des partenaires internationaux. « Le gouvernement a déjà débloqué 50 millions USD pour montrer l’exemple », a-t-il affirmé, tout en clarifiant la destination des aides étrangères. Il a rappelé que les fonds annoncés par des partenaires comme les États-Unis sont généralement versés directement aux ONG et non dans les caisses de l’État.

Face aux critiques, le ministre a appelé à une certaine retenue, invitant les acteurs de la riposte à ne pas utiliser l’épidémie comme un levier pour obtenir davantage de financements au détriment de la réalité du terrain. Il a souligné l’importance de respecter le sacrifice des équipes engagées dans cette lutte pour la santé publique.

Priorité aux résultats concrets

De son côté, Roger Samuel Kamba a souhaité s’éloigner des polémiques pour se concentrer sur les indicateurs de performance de la riposte. Pour le ministre de la Santé, l’efficacité se mesure au nombre de tests effectués, à la multiplication des centres de traitement, au déploiement des relais communautaires et, surtout, au nombre de vies sauvées. Cette mobilisation citoyenne et médicale est, selon lui, le seul véritable baromètre de la situation.

« Une fois cette épidémie maîtrisée, le bilan permettra à chacun de juger le travail accompli », a-t-il ajouté, préférant ignorer les rumeurs pour se focaliser sur l’analyse quotidienne des échantillons et la guérison des patients.

Un contexte sanitaire complexe

L’épidémie actuelle, causée par la souche Bundibugyo, a été classée comme une urgence de santé publique de portée internationale. Cette variante du virus, qui s’est propagée de la RDC vers l’Ouganda, représente un défi majeur dans cette zone de l’actualité africaine marquée par une forte mobilité et des systèmes de santé fragilisés par les conflits.

À ce jour, il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Cependant, les autorités restent confiantes. Elles s’appuient sur l’expertise solide acquise par la République démocratique du Congo au cours des seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes surmontées avec succès par le passé.