Le débat sur la modification de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’agiter la scène politique. L’Assemblée nationale a adopté le 27 mai dernier un projet de loi fixant les modalités du référendum. Depuis, les tensions s’accentuent entre la majorité, qui juge nécessaire une réorganisation des institutions, et l’opposition, qui dénonce une manœuvre visant à prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi.
Une jeunesse partagée face à un enjeu majeur
Au-delà des discours des responsables politiques, une question centrale demeure : quel est l’avis de la jeunesse congolaise, qui constitue la majorité de la population ? Opportunité historique de refonder la nation ou diversion face aux urgences sociales et sécuritaires ? À Kinshasa, plusieurs jeunes expriment des opinions contrastées. Certains voient dans ce projet de réforme une chance de repenser les bases institutionnelles du pays. D’autres, en revanche, s’interrogent sur le calendrier et les priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par des défis économiques et sécuritaires persistants.
Katumbi hausse le ton : « une ligne rouge »
« La Constitution n’est pas une chemise que l’on change à volonté » : c’est en ces termes que l’opposant Moïse Katumbi a réagi au projet de réforme constitutionnelle. Pour lui, le pouvoir est en train de franchir une ligne rouge. Dans un entretien, il interpelle directement le président Félix Tshisekedi sur ses intentions et les conséquences pour la démocratie congolaise.
Une offensive judiciaire annoncée par la coalition C64
Ce 9 juin à Kinshasa, la coalition C64, qui regroupe plusieurs partis d’opposition – dont celui de Moïse Katumbi – prévoit de déposer une plainte contre Félix Tshisekedi. Elle accuse le chef de l’État de tentative de confiscation du pouvoir par la force. Une initiative qui marque une nouvelle étape dans l’escalade des tensions politiques, alors que le climat reste particulièrement chargé.
Interrogé sur cette démarche, le juriste Jonas Ngalamulume tempère toutefois sa portée. Selon lui, il s’agit avant tout d’un acte symbolique. S’il reconnaît que cette plainte s’inscrit dans une stratégie politique de l’opposition, il souligne que ses effets juridiques concrets pourraient être limités. Néanmoins, elle contribue à alimenter le débat public et à renforcer la pression sur les institutions.
Alors que les positions se durcissent de part et d’autre, la question de la réforme constitutionnelle dépasse désormais le simple cadre juridique pour devenir un enjeu politique majeur. Entre ambitions de réforme et accusations de dérive autoritaire, l’avenir institutionnel de la RDC reste suspendu aux prochaines décisions et aux réactions de la population.