4 juin 2026
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Politique

rdc : le message caché derrière l’échec relatif de la mobilisation de l’opposition

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par henry mutombo mikenyi/écrivain et chercheur en fiscalité/acteur politique.

À l’attention de l’administration tshisekedi :

La « ville morte » organisée ce 3 juin à Kinshasa n’a pas entièrement paralysé la capitale congolaise. Certes, les marchés ont rouvert, les taxis ont circulé et l’État est resté debout. En provinces, l’opposition n’a pas non plus réussi à mobiliser pleinement la population derrière son initiative. L’ampleur de l’action était limitée.

Pourtant, cette mobilisation incomplète ne doit pas tromper. Les rues de Kinshasa, les rideaux à moitié tirés, les murmures dans les ruelles… tout cela révélait une réalité bien plus profonde. Le peuple congolais s’exprimait sans crier, sans slogans, mais avec une force tranquille. Et l’histoire a montré que les messages silencieux des Congolais finissent toujours par secouer les fondations du pouvoir.

Cette même population, qui avait interpellé le Chef de l’État lors de la remise de cadeaux aux footballeurs des Léopards pour leur performance en Coupe du monde, avait lancé un cri du cœur : « où est notre part ? ». Ce jour-là, Kinshasa parlait au nom de toute la RDC. Ce n’était pas une question de jalousie sportive, mais l’expression d’un ras-le-bol face à un peuple qui aime encore son président… mais un peuple dont le ventre vide n’entend plus les promesses. Le ras-le-bol des jeunes sans emploi qui comptent les jours en attendant une opportunité.

Rappelez-vous : six millions d’emplois promis. Cette annonce avait suscité l’espoir dans chaque quartier, de Matete à Mont-Ngafula, en passant par Bandal et Masina. Sept ans plus tard, ces jeunes attendent toujours. Ils ne mendient pas, ils réclament simplement ce qui leur a été promis.

L’histoire nous enseigne une leçon simple : un pouvoir se maintient lorsqu’il répond aux besoins concrets de sa population. Patrice Lumumba n’a jamais trahi le peuple congolais ; c’est le peuple qui a été trahi après lui. Mobutu a duré tant qu’il a su acheter le silence. Mais la RDC n’est plus à l’ère des silences achetés. Aujourd’hui, les Kinois hésitent, ils ne suivent plus aveuglément les consignes. Cette hésitation est un signal politique fort, une prise de conscience collective face à une situation sociale intenable.

Le pouvoir doit aussi prendre la mesure d’un autre élément : l’opposition n’a pas pleinement réussi sa journée. Non pas par manque de mécontentement dans la rue, mais en raison d’un manque criant de crédibilité. Le peuple a perçu les acteurs occultes derrière elle. Joseph Kabila, dont les liens avec Paul Kagame sont évidents, a été associé à des manœuvres dans l’ombre. Les Congolais rejettent cette alliance avec véhémence. Ils refusent toute ingérence étrangère qui prétendrait parler en leur nom. Le peuple congolais choisit ses propres combats et n’accepte pas que sa colère soit instrumentalisée.

Que ce message soit clairement entendu : le peuple ne cherche pas le chaos, il exige une gouvernance responsable. Il attend des actions concrètes là où la souffrance est la plus vive : l’emploi des jeunes, la justice sociale, la transparence de l’État, la réduction des inégalités. Chaque faille dans la gestion publique offre à l’opposition une nouvelle occasion de fragiliser l’autorité. Ne leur donnez plus d’arguments.

Alors que les discussions sur une réforme constitutionnelle s’intensifient, le peuple attend un geste fort. Monsieur le président de la République, il est temps de nommer un nouveau gouvernement. Pas un gouvernement de routine, mais un gouvernement de combat. Un gouvernement qui portera haut les couleurs de la réforme constitutionnelle… mais surtout qui rendra justice au peuple. Celui qui soutient le Chef de l’État depuis 2018 mérite mieux que des promesses. Il mérite des résultats tangibles. Que ceux en qui le Président a placé sa confiance ne le déçoivent pas face à la population ! Car la RDC ne supplie pas, elle rappelle à tous qui est le vrai maître. Et lorsque la RDC rappelle, les palais doivent écouter.

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