15 août 2026
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Rdc : appel urgent du conseil international des infirmières pour les soignants face à ebola

CII
Soignants en blouse médicale discutant dans un hôpital de RDC

Face à la 17e épidémie d’Ebola déclarée en République démocratique du Congo (RDC) depuis le 15 mai, le Conseil international des infirmières (CII) alerte sur l’urgence de sécuriser les conditions de travail des professionnels de santé. L’organisation, qui représente plus de 30 millions d’infirmières à travers le monde, a interpellé les autorités congolaises pour exiger le versement immédiat des salaires et indemnités dus aux soignants engagés dans la lutte contre le virus.

« Sans rémunération, impossible de combattre efficacement Ebola », a souligné Howard Catton, directeur général du CII, dans un communiqué. « Les infirmières et infirmiers risquent leur vie au quotidien pour protéger les communautés, souvent avec des moyens dérisoires, mais après des mois de combat, beaucoup restent sans salaire. Cette situation est intolérable. »

Trois mois après le début de l’épidémie, la riposte sanitaire en RDC reste entravée par un manque criant de ressources. Les structures médicales, parmi les plus pauvres du continent, peinent à répondre à l’urgence. Le CII a adressé un courrier formel au ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, pour réclamer des mesures concrètes : paiement des arriérés de salaires, régularisation des versements futurs, fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI), et mise en place d’assurances et d’indemnités adaptées.

Selon les témoignages recueillis par l’organisation, certains professionnels de santé n’ont pas perçu leur salaire depuis deux à trois mois. « La crise actuelle exige un leadership sans faille et des actions immédiates », insiste Howard Catton. « Il est vital de payer ce qui est dû, d’assurer des revenus stables, et de garantir un environnement de travail sûr. »

Une épidémie d’une ampleur historique

L’épidémie actuelle d’Ebola en RDC, causée par le variant Bundibugyo, se propage à un rythme alarmant. En seulement trois mois, elle a déjà enregistré 4 566 cas, dont 2 128 décès, selon les derniers bilans officiels. Ces chiffres dépassent de loin ceux des trois premiers mois de la flambée ouest-africaine de 2014-2016, considérée comme la plus meurtrière de l’histoire.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié cette crise de « deuxième plus grande épidémie jamais enregistrée ». Tedros Adhanom Ghebreyesus, son directeur général, a averti que, au rythme actuel, les contaminations pourraient bientôt excéder celles de l’épidémie africaine de l’Ouest. « La situation est critique et nécessite une mobilisation sans précédent », a-t-il déclaré.

Un financement insuffisant et des solutions en suspens

Le plan de riposte lancé début juin par l’OMS et l’Africa CDC requiert un budget de 518 millions de dollars. À ce jour, seulement 264 millions ont été mobilisés, laissant un déficit de plus de la moitié des fonds nécessaires. Cette pénurie de ressources aggrave les difficultés des équipes médicales sur le terrain.

Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe encore pour contrer le variant Bundibugyo responsable de l’épidémie. En attendant, l’OMS propose de tester le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus. « Nous finalisons actuellement le protocole d’essai clinique, qui sera soumis prochainement aux autorités réglementaires congolaises », a indiqué Vasee Moorthy, responsable du programme Recherche & Développement de l’OMS.

Un appel à l’action immédiat

Le CII rappelle que le sort des soignants en RDC n’est pas seulement une question de santé publique, mais aussi de justice sociale. « Sans rémunération, ces femmes et hommes en première ligne ne peuvent pas assumer leur mission avec dignité », rappelle Howard Catton. « Les gouvernements et la communauté internationale doivent agir sans délai pour éviter une catastrophe humanitaire. »