
Le Mali retient son souffle. Lundi soir, à la veille du 66e anniversaire de son indépendance, le général Assimi Goïta s’est adressé à la nation par la radio et la télévision pour tracer deux lignes qui, à première vue, se contredisent : durcir la guerre contre les groupes armés jihadistes et tendre la main à ses concitoyens au nom de la « réconciliation entre frères maliens ». Une double promesse qui soulève une question déterminante : cette équation peut-elle réellement ramener la paix dans un pays où les attaques contre les forces armées maliennes n’ont jamais semblé aussi meurtrières ?
Dialogue ou défense du territoire : les deux faces d’un même message
Dans une allocution radio-télévisée diffusée lundi soir, le chef de l’État malien a réaffirmé sa volonté de défendre l’intégrité territoriale et l’unité nationale du Mali, tout en se disant ouvert au dialogue. « Tout en demeurant ouvert au dialogue et à la réconciliation entre frères maliens, notre volonté ferme de défendre l’intégrité de notre territoire et l’unité nationale reste intacte », a-t-il déclaré.
Il a également promis un renforcement de la lutte contre les groupes armés jihadistes, alors que l’armée malienne affronte une recrudescence des attaques. « Dans ce contexte, la lutte contre l’insécurité et les groupes armés terroristes va se renforcer davantage », a-t-il ajouté.
Dioura : le revers qui pèse lourdement sur l’état-major
Cette prise de parole intervient après plusieurs offensives menées ces dernières semaines contre les forces de sécurité. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ou a été désigné comme l’auteur de plusieurs opérations visant des positions militaires.
Le 10 septembre, l’attaque du camp de Dioura, dans le centre du Mali, a coûté la vie à plus de 100 soldats maliens, au vu des informations disponibles. Plusieurs dizaines d’autres militaires ont été faits prisonniers. Un coup très dur porté à une armée engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre les groupes jihadistes.
Hommage aux soldats tombés et coopération russe assumée
Le chef de l’État a rendu hommage aux militaires morts au combat, saluant leur sacrifice au nom de la défense de la patrie. Il a aussi réaffirmé son intention de renforcer les capacités de l’armée malienne, en évoquant la poursuite de la coopération avec la Russie, devenue le principal partenaire stratégique de Bamako depuis le retrait progressif des forces françaises et de plusieurs partenaires occidentaux.
Une fête nationale célébrée sous haute tension
Le Mali commémore ce mardi 22 septembre le 66e anniversaire de son indépendance. Les cérémonies se tiennent dans un climat sécuritaire particulièrement tendu, alors que les groupes jihadistes continuent de frapper les forces de sécurité et cherchent à étendre leur influence dans plusieurs régions du pays.
Reste donc une interrogation de fond : comment conjuguer une main tendue aux Maliens et une intensification des combats sans fragiliser l’un des deux objectifs ? C’est tout l’enjeu des prochains mois pour Bamako.






