Fakaba Sissoko réclame des comptes à la junte lors de la fête de l’indépendance du Mali

À l’occasion de la fête de l’indépendance du Mali, célébrée chaque 22 septembre, le général Assimi Goïta, président de la transition, a tenu un discours le 21 septembre. Il y a salué les avancées économiques du pays, réaffirmé son engagement à renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes et appelé à la réconciliation nationale. Pourtant, cette allocution n’a pas convaincu les détracteurs du régime en place, notamment ceux privés de voix au Mali.
Assimi Goïta, arrivé au pouvoir par un coup d’État il y a plus de six ans sans organiser d’élections, s’appuie sur le soutien du groupe Wagner (rebaptisé Africa Corps) pour maintenir son autorité. Il a également évoqué les progrès réalisés dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), vers une souveraineté accrue pour le Mali.
Des résultats concrets attendus par les Maliens
Parmi les voix critiques, Etienne Fakaba Sissoko, universitaire et opposant en exil, représente un défi majeur pour le pouvoir. Il est le porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Mahmoud Dicko, qui regroupe des opposants politiques et de la société civile malienne vivant à l’étranger.
« Je regrette que le président de la transition ait associé la célébration du 66e anniversaire de notre indépendance au bilan de sa gestion », déclare-t-il à David Baché. « On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats et défendre sa souveraineté, tout en exigeant des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir. Les Maliens aspirent à des résultats tangibles : sécurité, emploi, électricité et liberté. Sans oublier la restauration d’un cadre politique digne de ce nom. »
Fakaba Sissoko n’a pas manqué de souligner l’absence de mention de la Russie dans le discours présidentiel : « Ne pas évoquer le rôle des militaires russes est un aveu d’échec. Les conséquences de ce partenariat sont visibles. Il y a seulement quelques jours, l’attaque de Dioura a rappelé l’urgence de la situation : plus d’une centaine de soldats maliens tués et des dizaines capturés par les terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). »
Un pays en état de délabrement avancé
« Aujourd’hui, le Mali est un pays en deuil », résume Fakaba Sissoko. « La dégradation de la situation n’a jamais été aussi alarmante dans notre histoire. Je ne peux pas célébrer cette fête de l’indépendance. Je suis en deuil, car le régime actuel ne rend pas honneur à notre nation. »
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