Paul Biya s’absente 49 jours du Cameroun : une absence record qui alimente les spéculations
Quarante-neuf jours sans voir le président camerounais en public : un chiffre qui s’aligne sur son absence record de 2024. Parti le 7 juin pour un séjour privé en Europe, Paul Biya, 93 ans, n’a plus fait d’apparition à Yaoundé depuis. Dans les couloirs des rédactions locales, l’inquiétude grandit à mesure que les jours passent sans image ni déclaration officielle.
Une absence qui rappelle étrangement celle de 2024
Selon les informations en circulation, le chef de l’État camerounais résiderait actuellement dans un établissement hôtelier genevois, comme l’an dernier. Face aux rumeurs persistantes, le gouvernement a tenté de calmer le jeu. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a catégoriquement démenti toute hospitalisation dans une clinique de Genève. Pourtant, aucun élément visuel ne vient étayer ces déclarations, renforçant le scepticisme ambiant.
Dimanche dernier, lors d’une émission politique diffusée sur une chaîne privée, un cadre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Lucien Bidima, a affirmé s’être rendu à l’hôtel InterContinental de Genève. Il y aurait croisé un président « en pleine forme », selon ses propos. Mais sans photo ni vidéo pour appuyer son récit, cette intervention ressemble davantage à une tentative de rassurer l’opinion publique qu’à une preuve tangible.
Chantal Biya, figure centrale dans l’absence du président
Cette fois, la première dame, Chantal Biya, semble jouer un rôle bien plus actif dans la gestion des affaires de l’État. Plusieurs observateurs soulignent sa présence récurrente aux côtés du président lors de ses déplacements en Suisse, et son nom circule même autour de certaines nominations ministérielles. Une situation qui laisse penser que l’accès au chef de l’État passerait désormais par elle, alimentant les spéculations sur son influence croissante.
Le Cameroun, dépourvu de vice-président, fait face à une incertitude constitutionnelle. En cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui devrait assurer l’intérim. Une procédure jamais testée dans ce contexte précis, et qui suscite l’appréhension au sein de la classe politique. L’absence prolongée de Paul Biya interroge : s’agit-il d’un tournant politique ou d’un simple épisode de plus dans la gestion d’un mandat déjà marqué par des tensions récurrentes ? Une chose est sûre, le climat politique, déjà fragile depuis des mois, ne s’apaise pas avec le temps.