10 juin 2026
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Paris sportifs sénégalial : l’engouement démesuré à dakaroise avant le mondial 2026

À l’approche de la Coupe du monde de football 2026, la capitale sénégalaise s’embrase. Au-delà des stades et des écrans géants, c’est l’univers des Paris sportifs qui s’impose comme un phénomène social. Depuis cinq ans, cette pratique a connu une véritable révolution numérique, transformant radicalement les habitudes des parieurs.

Des supporters de l'équipe de football du Sénégal lors d'un défilé de la coupe d'Afrique des nations dans les rues de Dakar, le 20 janvier 2026. (Image d'illustration)

Une accessibilité sans précédent pour les parieurs dakarois

Avec l’avènement des applications mobiles, plus besoin de se déplacer en boutique pour miser. Un simple clic sur un smartphone suffit pour se lancer. Cette facilité d’accès a attiré des milliers de nouveaux parieurs à Dakar. Pour eux, la Coupe du monde 2026 a déjà commencé.

Rencontrés dans un quartier populaire, des jeunes footballeurs échangent avec passion sur les résultats possibles du match Sénégal-France. Assane, l’un d’eux, a déjà tout prévu : « Je vais utiliser deux applications différentes. Sur l’une, je mise sur la France, et sur l’autre, sur le Sénégal. Ainsi, j’ai une chance de gagner quoi qu’il arrive. Un ami m’a même appelé pour me proposer de faire des Paris ensemble. Je lui ai répondu : « Vas-y, on tente notre chance ! » »

Mohamed, un autre passionné, ne cache pas son excitation : « Cela me fait vibrer. » Pour lui, la fièvre des Paris sportifs a débuté avec le Mondial 2026. Il a déjà placé des mises sur le match d’ouverture des Lions de la Teranga face aux Bleus. « J’ai combiné plusieurs scénarios. Premier pari : le Sénégal gagne. Deuxième pari : les deux équipes marquent. Ensuite, Mbappé marque pour la France et Sadio Mané pour le Sénégal. J’espère que tout se passera comme ça, car si c’est le cas, je gagne ! »

Des mises répétées et des pertes fréquentes

Mohamed a parié 80 000 francs CFA (122 euros) le mois dernier. Sur cette somme, il a perdu 30 000 francs CFA (45 euros). Malgré ces pertes, il continue de miser, souvent de petites sommes, mais sur tous les championnats du monde. « On parie sur toutes les compétitions, la Ligue des champions, la Coupe de France, les championnats américains et même chinois. En réalité, il n’y a pas de limite. Mais il faut l’avouer, on perd plus qu’on ne gagne », reconnaît-il.

L’essor des Paris sportifs à Dakar coïncide avec la période post-Covid-19. C’est à ce moment-là que les applications de Paris ont envahi les écrans des téléphones. Malick Diouf, fondateur du Dakar Sport Summit, un salon dédié à l’économie du sport, analyse cette tendance : « Nous sommes un pays majoritairement musulman où les Paris ne sont pas toujours bien perçus. La digitalisation a levé ce tabou et a permis à toutes les couches sociales de jouer sans crainte d’être jugées. »

Un secteur en pleine mutation sous le regard de l’État

Le marché des Paris sportifs à Dakar est dominé par trois acteurs majeurs : l’opérateur russe 1xBet, l’entreprise française Betclic et le groupe sénégalais Sunubet. Depuis novembre 2025, ces sociétés sont soumises à une taxe de 20 % sur leurs revenus, tout comme les gains des parieurs. « L’État en profite, mais il est essentiel que les fonds collectés servent à financer le sport, notamment professionnel et amateur », estime Malick Diouf.

Avec l’approche du Mondial de football, période propice aux excès, des associations tirent la sonnette d’alarme sur la dépendance croissante des parieurs. Une situation qui rappelle que derrière l’excitation des mises se cachent des risques bien réels.