Lors de sa visite officielle en France, le président gabonais Oligui Nguema a fait basculer les relations entre Libreville et Paris dans une ère nouvelle. Après plus de quatre décennies sans échange diplomatique de ce niveau, les deux nations ont scellé un accord historique visant à instaurer une collaboration équitable et mutuellement bénéfique. Cette rencontre au sommet marque un tournant décisif, rompant avec les anciennes pratiques où le Gabon subissait une exploitation de ses ressources naturelles sans en retirer de véritables retombées locales.
Le Gabon, dirigé par un chef d’État résolument souverainiste, affiche désormais une ambition claire : reprendre le contrôle de ses matières premières. Le manganèse et le pétrole, symboles de cette volonté de transformation, illustrent cette nouvelle dynamique. Concernant le manganèse, dont l’extraction et l’exportation brutale privaient le pays de valeur ajoutée, un partenariat ambitieux a été signé avec le groupe français Eramet. L’objectif ? Développer une filière locale de transformation, avec une capacité de production prévue pour 2031. Bien que ce délai soit légèrement repoussé par rapport à l’échéance initialement espérée, il représente une avancée majeure pour l’économie gabonaise.
Un partenariat économique redéfini et des engagements concrets
Les discussions menées à Paris ont abouti à des résultats tangibles pour le Gabon. Parmi eux, la modernisation du Transgabonais, artère vitale du pays, fait partie des projets prioritaires. Un financement via Proparco a été acté pour cette modernisation, marquant ainsi une étape supplémentaire vers l’autonomie économique du Gabon. Par ailleurs, la redéfinition de la coopération en matière de défense s’inscrit dans cette logique de rééquilibrage des relations, loin des schémas du passé.
Sur le plan international, le président gabonais a réitéré la volonté de son pays de diversifier ses alliances stratégiques. Si la France conserve une place privilégiée, le Gabon ne compte pas se limiter à un seul partenaire. Cette ouverture vers de nouveaux horizons, notamment la Chine, la Turquie et l’Inde, vise à renforcer l’indépendance économique du pays. Oligui Nguema a clairement exprimé cette position lors de son séjour parisien : « Hier, Paris était notre partenaire historique. Aujourd’hui, nous multiplions les collaborations. Le Gabon, attractif et dynamique, reste ouvert à tous ceux qui souhaitent investir dans son développement. »
Vers une coopération équilibrée et transparente
Cette visite d’État a posé les fondations d’un partenariat plus juste entre le Gabon et la France. Les Gabonais attendent désormais la mise en œuvre concrète des accords signés, avec des retombées économiques et sociales visibles. L’objectif est clair : transformer ces engagements en réalités tangibles pour le pays et ses citoyens. En redéfinissant les contours de cette coopération, le président Oligui Nguema a envoyé un message fort : l’Afrique, et en particulier le Gabon, mérite une relation de partenaire à partenaire, où chaque partie tire profit des échanges.