5 juin 2026
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Moussa Sarr, nouveau garde des Sceaux, au cœur des tensions politiques sénégalaises

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L’arrivée de Maître Moussa Sarr à la tête du ministère de la Justice du Sénégal s’opère dans un climat de fortes attentes et de défis politiques et judiciaires complexes. Son parcours d’avocat aguerri et sa connaissance approfondie du droit sont perçus comme des atouts pour relever les enjeux majeurs qui se présentent à lui.

La désignation de Moussa Sarr comme ministre de la Justice intervient à un moment crucial pour le Sénégal. Le nouveau gouvernement fait face à une pression intense concernant la transparence et la reddition des comptes, tout en devant gérer des dossiers particulièrement délicats, notamment ceux liés aux troubles politiques survenus entre 2021 et 2024.

Ancien conseil juridique du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le nouveau garde des Sceaux se retrouve à la tête d’un portefeuille essentiel, garant des équilibres institutionnels du pays.

Avec plus de deux décennies d’expérience au barreau, Maître Moussa Sarr s’est forgé une solide réputation dans le domaine du contentieux des affaires. Son expertise s’étend au droit pénal économique, au droit bancaire, au droit immobilier et au droit public des affaires. Il est également reconnu pour son engagement dans l’enseignement supérieur à Dakar.

Ce profil technique est mis en avant par ses partisans comme un avantage indéniable pour diriger un ministère appelé à traiter des affaires complexes, notamment celles qui touchent à la gestion des finances publiques et aux mécanismes de contrôle judiciaire.

Cependant, la nomination de Me Moussa Sarr ne fait pas l’unanimité au sein de la sphère politique. Elle survient dans un contexte de désaccords persistants entre le chef de l’État et son prédécesseur au poste de Premier ministre, Ousmane Sonko, particulièrement sur la stratégie à adopter pour la politique de reddition des comptes.

Récemment, Ousmane Sonko a exprimé des réserves quant aux orientations prises, tout en précisant ne pas remettre en cause la personne même du ministre. Cette position révèle une divergence plus profonde sur les méthodes à employer pour gérer les dossiers de la gestion publique.

Reddition des comptes : entre fermeté et respect des procédures

Deux approches distinctes semblent émerger au sommet de l’exécutif. D’une part, une ligne prônant la fermeté et une application rapide des sanctions pour les cas de mauvaise gestion des fonds publics. D’autre part, une vision privilégiant le respect scrupuleux des procédures judiciaires et la nécessité de prévenir toute utilisation politique de la justice.

Le ministère de la Justice se trouve ainsi au centre d’un arbitrage délicat, où l’équilibre entre l’impératif de transparence et la préservation de la stabilité institutionnelle est précaire.

Parmi les autres défis majeurs qui attendent le nouveau garde des Sceaux figure la gestion des dossiers liés aux violences politiques qui ont secoué le pays entre mars 2021 et février 2024. Ces épisodes, ayant profondément marqué le paysage politique national, continuent de susciter des appels à la justice de la part des victimes et des organisations de la société civile.

Malgré l’adoption d’une loi d’amnistie en mars 2024, les discussions demeurent intenses concernant la qualification des faits et la pertinence de poursuites ou de mécanismes de réparation complémentaires.

Entre les exigences de reddition des comptes, les pressions des acteurs politiques et les fortes attentes sociales, Moussa Sarr prend les rênes d’un département stratégique, où chaque décision est susceptible d’engendrer des répercussions politiques significatives.

Moussa Sarr